Additifs ou numéros E : que contient notre nourriture ?
- Que sont les additifs ou numéros E ?
- Pourquoi ajoute-t-on des additifs ?
- Comment les numéros E sont-ils autorisés ?
- Les principales catégories de numéros E
- Les additifs ou numéros E : des doses journalières à ne pas dépasser
- Les additifs ou numéros E sont-ils sans risque ?
- Numéros E et effets indésirables
- Faut-il éviter les additifs ?
dossier
La plupart des aliments industriels contiennent des substances ajoutées, appelées additifs alimentaires ou numéros E. Leur rôle est de conserver les aliments, d'améliorer leur texture, leur stabilité, leur goût ou leur aspect, mais aussi parfois d'en garantir la sécurité microbiologique.
Les additifs autorisés dans l'Union européenne sont évalués avant leur mise sur le marché et régulièrement réévalués à la lumière des nouvelles connaissances scientifiques. Dans les conditions d'utilisation autorisées, ils sont considérés comme sûrs pour la majorité de la population. Cela n'empêche pas certaines substances d'être réexaminées, voire retirées du marché si de nouvelles données mettent en évidence un risque.
Que sont les additifs ou numéros E ?
© Getty Images
Les additifs alimentaires sont des substances ajoutées intentionnellement aux aliments afin de remplir une fonction technologique précise : prolonger la conservation, empêcher le développement de bactéries, maintenir une texture homogène, stabiliser une préparation, renforcer une couleur ou encore remplacer le sucre dans certains produits.
Ils ne doivent pas être confondus avec les contaminants, comme les résidus de pesticides, les métaux lourds ou certaines substances formées lors de la cuisson. Les contaminants ne sont pas ajoutés volontairement.
Chaque additif autorisé dans l'Union européenne possède un numéro E, valable dans tous les États membres. Le « E » signifie « Europe ». L'utilisation d'un numéro E ne signifie pas qu'un produit est artificiel : certains additifs sont d'origine naturelle, comme la vitamine C (E300) ou les caroténoïdes (E160).
Pourquoi ajoute-t-on des additifs ?
Les additifs ne servent pas uniquement à rendre les aliments plus attrayants. Ils permettent notamment de :
- prolonger la durée de conservation des aliments,
- prévenir la croissance de bactéries, de levures ou de moisissures,
- maintenir la texture ou éviter la séparation des ingrédients,
- protéger les aliments contre l'oxydation,
- remplacer le sucre dans certains produits,
- limiter le gaspillage alimentaire en améliorant la conservation.
Leur utilisation n'est autorisée que lorsqu'elle répond à un besoin technologique réel et qu'aucune autre solution satisfaisante n'est disponible.
Voir aussi l'article : C'est quoi un aliment ultra-transformé : comment les reconnaître ?
Comment les numéros E sont-ils autorisés ?
L'utilisation des additifs alimentaires est strictement réglementée en Europe.
Avant d'être autorisé, un additif doit démontrer qu'il est sûr pour le consommateur, qu'il répond à un besoin technologique et qu'il ne risque pas d'induire le consommateur en erreur. Par exemple, un colorant ne peut pas servir à masquer la mauvaise qualité d'un aliment.
Seuls les additifs figurant sur une liste positive européenne peuvent être utilisés, dans des aliments bien définis et à des doses maximales fixées par la réglementation.
Les additifs sont régulièrement réévalués. Si de nouvelles études mettent en évidence un risque, leurs conditions d'utilisation peuvent être modifiées, leur dose maximale réduite ou leur autorisation retirée.
Ainsi, le dioxyde de titane (E171), autrefois utilisé comme colorant, a été interdit dans l'Union européenne en 2022 après que les experts ont estimé qu'un risque de génotoxicité ne pouvait pas être exclu.
Les principales catégories de numéros E
Les additifs sont classés selon leur fonction. :
- Colorants (E100 à E199). Il s’agit de colorants synthétiques et naturels qui améliorent ou restaurent la couleur des aliments. En quoi consiste un colorant naturel ? Il n’est pas nécessairement présent dans le produit mais est issu de produits naturels comme le jus de betterave rouge (E162) ou les caroténoïdes (E160).
- Agents conservateurs (E200 à E299). Ces substances limitent la prolifération de bactéries et de champignons dans la viande, le fromage, le vin… Ils prolongent ainsi la durée de conservation.
- Les anti-oxydants (E300 à E399) ralentissent la détérioration des aliments au contact de l’air. L’acide ascorbique (vitamine C ou E300) est le plus connu.
- Les émulsifiants, stabilisants, épaississants et gélifiants (E400 à E499) permettent de conférer de la fermeté à un produit ou de conserver celle-ci.
- Les exhausteurs de goût (E620 à E650) renforcent ou modifient certaines saveurs. Les glutamates sont les plus connus.
- Edulcorants (E420, E421, E950 à E960). remplacent partiellement ou totalement le sucre dans certains aliments. Certains sont synthétiques, d'autres sont d'origine naturelle, comme les glycosides de stéviol (E960).
Les fabricants de produits alimentaires ont le choix : ils peuvent signaler la présence d’un additif soit sous son nom générique (par exemple le colorant amarante ou l’édulcorant saccharine) soit sous son numéro E.
Voir aussi l'article : Additifs : quels numéros E provoquent le plus souvent des problèmes ?
Les additifs ou numéros E : des doses journalières à ne pas dépasser
Les additifs alimentaires figurant sur la liste européenne ont tous été évalués avant leur autorisation. Les experts analysent les études toxicologiques afin d'identifier la dose la plus élevée ne provoquant aucun effet nocif. Ils appliquent ensuite une importante marge de sécurité pour fixer, lorsque cela est nécessaire, une dose journalière admissible (DJA).
La DJA est généralement cent fois inférieure à la dose la plus élevée n'ayant provoqué aucun effet nocif lors des études expérimentales (sur les animaux).
Cela ne signifie pas qu'un additif est totalement dépourvu de risque ni qu'un dépassement ponctuel de la DJA est dangereux. La DJA constitue une valeur de référence destinée à protéger la population en cas d'exposition répétée sur le long terme.
Certaines populations, notamment les jeunes enfants qui consomment beaucoup d'un même type de produits (par exemple des boissons édulcorées ou des confiseries), peuvent toutefois atteindre plus facilement la DJA pour certains additifs.
Voir aussi l'article : Nitrates et nitrites dans les aliments : quels effets sur la santé ?
Les additifs ou numéros E sont-ils sans risque ?
Les additifs autorisés dans l'Union européenne sont considérés comme sûrs lorsqu'ils sont utilisés dans les conditions prévues par la réglementation. Toutefois, cela ne signifie pas que la recherche est terminée.
Ces dernières années, plusieurs grandes études de population, notamment celles de la cohorte française NutriNet-Santé, ont mis en évidence des associations entre une consommation élevée de certains additifs et un risque accru de maladies chroniques, comme certains cancers, le diabète de type 2 ou l'hypertension artérielle.
Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. Les études montrent une association, mais ne permettent pas de prouver qu'un additif est directement responsable de la maladie. Les personnes qui consomment beaucoup d'additifs mangent également davantage d'aliments ultra-transformés, souvent plus riches en sel, en sucres, en graisses et plus pauvres en fibres. Il est donc difficile d'isoler le rôle d'un additif particulier.
Ces travaux sont néanmoins pris au sérieux par les autorités sanitaires. Lorsqu'un doute apparaît, les additifs concernés font l'objet d'une réévaluation. C'est ce qui a conduit, par exemple, à l'interdiction du dioxyde de titane (E171) dans l'Union européenne en 2022.
Numéros E et effets indésirables
Même lorsqu'ils sont autorisés, certains additifs peuvent provoquer des réactions chez des personnes particulièrement sensibles.
Les sulfites, présents notamment dans le vin, certains fruits secs ou des préparations industrielles, peuvent déclencher des symptômes chez certaines personnes asthmatiques. Quelques colorants et conservateurs peuvent également provoquer des réactions d'hypersensibilité chez des personnes prédisposées.
Certains additifs font aussi l'objet de recherches spécifiques. Des travaux expérimentaux suggèrent par exemple que certains émulsifiants pourraient modifier le microbiote intestinal et favoriser l'inflammation. Chez l'être humain, les preuves restent encore insuffisantes pour conclure à un effet nocif, mais ces substances continuent d'être surveillées.
Enfin, plusieurs colorants alimentaires doivent porter la mention : « Peut avoir des effets indésirables sur l'activité et l'attention chez les enfants », conformément à la réglementation européenne.
Voir aussi l'article : Intolérance aux sulfites : symptômes, risques et aliments à éviter
Faut-il éviter les additifs ?
La présence d'un numéro E ne signifie pas qu'un aliment est mauvais pour la santé. Beaucoup d'additifs sont utilisés depuis plusieurs décennies et leur sécurité est régulièrement réévaluée.
En revanche, les aliments contenant de nombreux additifs sont souvent aussi des aliments ultra-transformés. Les recherches actuelles suggèrent que les effets défavorables observés chez les gros consommateurs de ces aliments résultent probablement de plusieurs facteurs : leur composition nutritionnelle, leur degré de transformation, mais aussi, peut-être, certains additifs.
En pratique, il n'est donc pas nécessaire de traquer chaque numéro E sur les étiquettes. Il est plus utile de privilégier une alimentation variée, composée principalement d'aliments peu ou pas transformés, et de réserver les produits ultra-transformés à une consommation occasionnelle.
Voir aussi l'article : Régime méditerranéen : pourquoi est-il si bon pour la santé ?














