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Gonflement, grosseur, boule dans le cou : quelles causes ?
- 1. Un ganglion gonflé : la cause la plus fréquente d'une boule dans le cou
- 2. La thyroïde : nodule ou goitre
- 3. Un problème aux glandes salivaires : calcul, infection, oreillons
- 4. Les kystes du cou
- 5. Le lipome : une boule de graisse
- 6. Les cancers
- Boule ou grosseur dans le cou, quand s'inquiéter ?
- Que va faire le médecin ?
dossier
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Points-clés : grosseurs dans le cou
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1. Un ganglion gonflé : la cause la plus fréquente d'une boule dans le cou
© Getty Images - Ganglions lymphatiques du cou
Le cou compte environ 250 à 300 ganglions lymphatiques, sur les quelque 800 que possède le corps. Ces petits filtres en forme de haricot font partie du système immunitaire : ils interceptent les virus et les bactéries.
Quand ils combattent une infection, ils gonflent. On sent alors une boule de la taille d'un pois ou d'une bille sous la peau. Celle-ci est souple, elle bouge sous les doigts et peut être douloureuse. L'infection à l'origine de ce gonflement se situe généralement dans la sphère ORL : rhume, angine, otite, abcès dentaire ou petite plaie du cuir chevelu.
Le ganglion dégonfle en général en quelques jours à quelques semaines, lorsque l'infection est guérie. Il peut rester un peu plus longtemps palpable sans que ce soit inquiétant, tant qu'il reste petit, souple et mobile.
D'autres infections font gonfler les ganglions plus durablement
- la mononucléose (virus d'Epstein-Barr), fréquente chez l'adolescent et le jeune adulte, avec fièvre, angine et grande fatigue,
- la maladie des griffes du chat, après une griffure ou une morsure de chat,
- la toxoplasmose,
- plus rarement, la tuberculose, surtout après un séjour dans une région où elle est fréquente.
Voir aussi l'article : Cou, aine, aisselle : pourquoi ces ganglions gonflés ?
Chez l'enfant, c'est très courant.
Jusqu'à 90 % des enfants de 4 à 8 ans ont des ganglions palpables dans le cou. Chez le jeune enfant, un ganglion du cou allant jusqu'à 1 cm est considéré comme normal, et plus de 90 % des boules dans le cou sont d'origine inflammatoire ou infectieuse.
Voir aussi l'article : Maux de ventre inexpliqués chez l’enfant, une adénolymphite mésentérique ?
2. La thyroïde : nodule ou goitre
Thyroïde
La thyroïde est une glande en forme de papillon située à la base du cou. Une grosseur à cet endroit monte et descend lorsqu'on avale.
Les nodules thyroïdiens sont très fréquents. On en sent un à la palpation chez 3 à 7 % de la population, surtout chez les femmes. L'échographie en découvre environ dix fois plus. En moyenne, 95 % sont bénins.
Le goitre correspond, lui, à une augmentation de volume de toute la glande. Nodule ou goitre ne donnent souvent aucun symptôme. Parfois, ils s'accompagnent :
- d'une gêne pour avaler ou respirer, ou d'une voix enrouée, si la glande comprime les organes voisins,
- de signes d'hyperthyroïdie : amaigrissement, palpitations, tremblements, nervosité, transpiration, faiblesse musculaire,
- de signes d'hypothyroïdie : fatigue, frilosité, peau sèche, constipation, prise de poids, moral en berne, troubles de la mémoire.
Le bilan repose sur un dosage de la TSH dans le sang et une échographie du cou. Selon l'aspect et la taille du nodule, une cytoponction peut être proposée. À l'inverse, une échographie « pour voir » sans raison n'est pas recommandée : elle fait découvrir de nombreux petits nodules sans conséquence.
Voir aussi l'article : Cancer de la thyroïde : quels sont les premiers symptômes ?
3. Un problème aux glandes salivaires : calcul, infection, oreillons
En jaune, les glandes salivaires : les parotides (sous les oreilles), les sous-mandibulaires (sous la mâchoire) et les sublinguales (sous la langue).
Les principales glandes salivaires sont les parotides, devant et sous les oreilles, et les glandes sous-mandibulaires, sous la mâchoire. Plusieurs problèmes peuvent les faire gonfler.
- Le calcul salivaire (lithiases). Les calculs salivaires sont une cause fréquente de gonflement des glandes salivaires, surtout de la glande sous-mandibulaire. Signe typique : la glande gonfle et devient douloureuse pendant ou juste après le repas, puis dégonfle peu à peu.
- L'infection bactérienne (parotidite ou sous-maxillite aiguë) rend la glande très douloureuse et rouge, avec de la fièvre et parfois du pus dans la bouche. Elle nécessite un traitement antibiotique.
- Les oreillons restent la cause virale classique : gonflement d'une ou des deux parotides, fièvre, maux de tête. Grâce à la vaccination, ils sont devenus rares. Chez l'enfant vacciné, des gonflements répétés de la parotide évoquent plutôt une parotidite récurrente juvénile.
- Les maladies systémiques. Un gonflement indolore, des deux côtés et qui dure peut être lié au diabète, à une consommation excessive d'alcool, à la dénutrition ou à des troubles du comportement alimentaire. Une maladie auto-immune comme le syndrome de Gougerot-Sjögren peut aussi en être la cause, souvent avec une bouche et des yeux secs.
- Les tumeurs. Une boule ferme qui grossit dans une glande salivaire, surtout la parotide, doit être examinée par un ORL. Environ 8 tumeurs de la parotide sur 10 sont bénignes, mais un bilan est nécessaire pour le confirmer
4. Les kystes du cou
Un kyste est une poche remplie de liquide ou d'une substance semi-liquide. Dans le cou, on en rencontre surtout trois types.
- Le kyste du tractus thyréoglosse est l'anomalie congénitale du cou la plus fréquente. Il siège au milieu du cou et monte quand on avale ou qu'on tire la langue. La moitié des cas est découverte avant 10 ans, les autres surtout chez le jeune adulte.
- Le kyste branchial se trouve sur le côté du cou, devant le grand muscle qui va de l'oreille au sternum. Il se révèle chez l'enfant ou le jeune adulte, souvent quand une infection ORL le fait gonfler.
- Le kyste épidermoïde, souvent appelé à tort « kyste sébacé », est situé dans la peau. On voit parfois un petit point noir à son sommet.
Attention après 40 ans. Chez l'adulte, une boule molle ou « liquide » sur le côté du cou doit être examinée. Certains cancers de la gorge, notamment ceux liés au papillomavirus (HPV), se révèlent par un ganglion d'aspect kystique.
Voir aussi l'article : Qu'est-ce qu'un kyste ?
5. Le lipome : une boule de graisse
© Getty Images - Lipome sur le bras
Le lipome est une petite masse de graisse sous la peau. Il est mou, mobile, indolore et grossit très lentement. Il touche environ 1 % de la population et apparaît surtout entre 40 et 60 ans. Environ 13 % des lipomes apparaissent à la tête ou au cou, le plus souvent sur la nuque.
Un lipome ne nécessite généralement aucun traitement. On peut le retirer s'il gêne, fait mal ou pour des raisons esthétiques. En revanche, une masse graisseuse dure, douloureuse ou qui grossit vite doit être montrée à un médecin.
Voir aussi l'article : Que sont ces petites petites boules sous ma peau ?
6. Les cancers
Chez l'adulte, environ 95 % des boules dans le cou sont bénignes. Mais une grosseur qui persiste sans infection évidente doit pousser à consulter un médecin afin d'écarter la piste d'un éventuel cancer.
- Les cancers de la gorge et de la bouche. Un ganglion sur le côté du cou : dur, indolore, qui grossit en quelques semaines et finit par ne plus bouger peut être un signe de cancer de la tête et du cou. Il s'accompagne souvent d'un mal de gorge d'un seul côté, d'une gêne pour avaler, d'une voix enrouée, d'une douleur d'oreille d'un seul côté ou d'une plaie dans la bouche qui ne guérit pas. Ces cancers touchent surtout les fumeurs et buveurs de plus de 50 ans, mais le papillomavirus (HPV) peut aussi être en cause.
- Le cancer de la thyroïde. Une grosseur située au niveau de la glande tyroïde peut indiqué un cancer de la thyroïde. La boule est généralement ferme et indolore. Elle devient suspecte si elle est dure, grossit ou s'accompagne d'une voix enrouée qui persiste, d'une gêne pour avaler ou respirer ou d'un ganglion gonflé sur le côté du cou. La plupart de ces cancers évoluent lentement et se soignent très bien.
- Lymphome ou cancer des ganglions lymphatiques. En cas de lymphome (cancer des ganglions), un ou plusieurs ganglions du cou grossissent peu à peu. Ils sont généralement indolores, fermes et élastiques. Parfois d'autres ganglions se manifestent aux aisselles ou à l'aine. Les signes qui doivent alerter sont la fièvre sans infection, des sueurs nocturnes abondantes, un amaigrissement inexpliqué, une grande fatigue et des démangeaisons.
Voir aussi l'article : Voix rauque et extinction de voix : quand faut-il s'inquiéter ?
Boule ou grosseur dans le cou, quand s'inquiéter ?
Dans la majorité des cas, une grosseur dans le cou ne doit pas vous inquiéter.
Ce qui ne doit pas inquiéter
Un ganglion qui apparaît avec un rhume, une angine ou un problème dentaire, qui est souple et mobile, puis qui dégonfle dans les 2 à 3 semaines. C'est simplement le signe que votre système immunitaire fait son travail.
Ce qui doit pousser à consulter
- la grosseur est toujours là après 3 semaines,
- elle grossit,
- elle s'accompagne d'autres signes : fièvre persistante, sueurs nocturnes, perte de poids inexpliquée, grande fatigue, voix enrouée, gêne pour avaler ou respirer,
- elle est dure, ne bouge pas quand on la pousse (semble fixée aux tissus voisins),
- elle se situe juste au-dessus de la clavicule.
Dans ces cas, consultez votre médecin généraliste. Il vous orientera si nécessaire vers un ORL.
Voir aussi l'article : Cancer de la gorge : quels sont les symptômes précoces ?
Que va faire le médecin ?
Il vous pose des questions. Depuis quand la boule est-elle là ? Grossit-elle ? Avez-vous eu récemment une angine, un problème dentaire, une griffure de chat, un voyage ? Fumez-vous, buvez-vous de l'alcool ? Avez-vous des antécédents de cancer ?
Il vous examine. Il palpe la boule pour évaluer sa taille, sa consistance, sa mobilité et sa sensibilité. Il examine aussi la bouche, la gorge, les oreilles, la peau du visage et du cuir chevelu, ainsi que les autres ganglions (aisselles, aines).
Il peut prescrire des examens :
- une prise de sang : formule sanguine, marqueurs d'inflammation, recherche de mononucléose ou de toxoplasmose, TSH pour la thyroïde ;
- une échographie du cou, souvent le premier examen, en particulier pour la thyroïde et chez l'enfant ;
- un scanner (ou une IRM) avec injection de produit de contraste, recommandé chez l'adulte quand la boule est suspecte ;
- une cytoponction : une aiguille fine prélève quelques cellules, sans cicatrice ni hospitalisation. Elle permet un diagnostic fiable dans plus de 9 cas sur 10.
Voir aussi l'article : Pourquoi cette sensation de boule dans la gorge ?
Sources :
Roland, N., & Bradley, P. J. (2014). Neck swellings. BMJ (Clinical research ed.), 348, g1078
https://www.immunooncology.be
https://www.msdmanuals.com
https://medlineplus.gov
https://www.aafp.org















