Infarctus du myocarde : que se passe-t-il pendant une crise cardiaque et après ?
- Points-clés : infarctus du myocarde
- Qu'est-ce qu'un infarctus du myocarde ?
- Quels sont les symptômes de l'infarctus ?
- Que faire en cas de suspicion d'infarctus ?
- Comment l'infarctus est-il diagnostiqué ?
- Quel est le traitement de l'infarctus ?
- Quelles sont les conséquences d'un infarctus ?
- Peut-on avoir un nouvel infarctus ?
- Comment réduire son risque d'infarctus ?
dossier
L'infarctus du myocarde est une urgence médicale. Il survient lorsqu'une artère qui alimente le cœur se bouche brutalement : une partie du muscle cardiaque ne reçoit plus assez de sang ni d'oxygène.
Douleur ou oppression dans la poitrine, essoufflement, sueurs, nausées, malaise… Les symptômes varient d'une personne à l'autre.
Au moindre signe évocateur, appelez le 112. N'attendez pas que les symptômes passent et ne conduisez pas vous-même jusqu'à l'hôpital. Chaque minute compte.
Points-clés : infarctus du myocarde
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Qu'est-ce qu'un infarctus du myocarde ?
© Getty Images - Une plaque d'athérome se fissure et les plaquettes de sang s'agglutinent autour des graisses qui s'échappent. Cela forme un caillot. L'artère se bouche.
L'infarctus du myocarde, ou « crise cardiaque », survient quand une artère coronaire, l'une des artères qui nourrissent le cœur, se bouche brutalement. Privée de sang et d'oxygène, la partie du muscle cardiaque (le myocarde) située en aval commence à se détruire.
Comment l'artère se bouche-t-elle ? Avec les années, du cholestérol s'accumule dans la paroi des artères et forme une plaque, appelée plaque d'athérome, recouverte d'une fine couche protectrice. Si cette couche se fissure, le corps réagit comme face à une plaie : les plaquettes du sang s'agglutinent sur la fissure et forment un caillot. En quelques minutes, ce caillot peut boucher l'artère.
Une urgence. Les cellules du cœur privées d'oxygène meurent en quelques dizaines de minutes. Plus l'artère reste bouchée longtemps, plus les dégâts sur le cœur sont importants et définitifs. D'où l'urgence.
À ne pas confondre avec l'arrêt cardiaque. Lors d'un arrêt cardiaque, le cœur ne pompe plus du tout le sang : la personne perd connaissance et ne respire plus normalement. Un infarctus peut provoquer un arrêt cardiaque, mais la plupart des infarctus n'en provoquent pas.
Voir aussi l'article : Arrêt cardiaque, infarctus, insuffisance cardiaque : de quoi parle-t-on ?
Quels sont les symptômes de l'infarctus ?
Le symptôme le plus fréquent est une douleur ou une oppression au milieu de la poitrine. On la décrit comme un étau, un poids ou une brûlure. Elle dure plus de quelques minutes et ne se calme pas au repos.
La douleur s'étend souvent vers :
- un bras, le plus souvent le gauche, ou les deux,
- la mâchoire, le cou ou la gorge,
- le dos, entre les omoplates,
- le haut du ventre.
D'autres signes l'accompagnent fréquemment :
- un essoufflement brutal ou inhabituel,
- des sueurs froides,
- des nausées ou des vomissements,
- un malaise ou des vertiges,
- une grande faiblesse,
- une angoisse intense.
La douleur n'est pas toujours intense : un infarctus se manifeste parfois par une simple gêne.
Voir aussi l'article : Infarctus : ces symptômes doivent vous pousser à appeler le 112
Voir aussi l'article : Arrêt cardiaque, infarctus, insuffisance cardiaque : de quoi parle-t-on ?
Un infarctus peut-il survenir sans douleur dans la poitrine ?
Oui. Certains infarctus se résument à un essoufflement, une fatigue soudaine, des nausées, un malaise ou une douleur dans le haut du ventre qui peut facilement être confondue avec une indigestion.
Ces formes discrètes de crise cardiaque sont plus fréquentes chez les personnes âgées et les diabétiques. Certains infarctus passent même inaperçus et sont découverts plus tard, lors d'un examen du cœur.
Un symptôme inhabituel, brutal, intense ou qui dure justifie un avis médical rapide.
Voir aussi l'article : Quelles douleurs peuvent signaler un problème grave ?
Les symptômes sont-ils différents chez la femme ?
Chez la femme, comme chez l’homme, la douleur ou l'oppression dans la poitrine reste le signe le plus fréquent d’infarctus du myocarde. Mais les femmes ressentent plus souvent des symptômes associés : essoufflement, nausées, douleur dans le dos, la mâchoire ou le haut du ventre, fatigue inhabituelle.
Ces symptômes peuvent être moins facilement identifiés comme étant liés au cœur. Résultat, elles appellent les secours plus tard ou sont prises en charge moins rapidement.
Chez une femme, un essoufflement brutal, un malaise ou une douleur inhabituelle dans le haut du corps doivent faire penser à un infarctus, et appeler le 112.
Voir aussi l'article : Quels sont les signes avant-coureurs d’une crise cardiaque ?
Que faire en cas de suspicion d'infarctus ?
Appelez immédiatement le 112. N'attendez pas que les symptômes passent.
- Appelez le 112. Donnez votre adresse, décrivez les symptômes et l'heure de leur apparition.
- Ne prenez pas le volant. Les secours commencent les soins sur place et vous conduisent directement vers un hôpital équipé pour déboucher l'artère.
- Arrêtez toute activité. Restez au calme, assis ou semi-assis.
- Ne prenez aucun médicament de votre propre initiative. Suivez les consignes de l'opérateur du 112.
- Ne restez pas seul. Demandez à quelqu'un de rester avec vous et déverrouillez la porte pour les secours.
Faut-il prendre une aspirine en cas d'infarctus ?
Pas de votre propre initiative. L'opérateur du 112 peut vous conseiller de mâcher une aspirine s'il n'y a pas de contre-indication (allergie, traitement anticoagulant, risque de saignement).
Et si la personne perd connaissance ?
Si elle ne répond plus et ne respire pas normalement, il s'agit probablement d'un arrêt cardiaque. Appelez le 112, commencez immédiatement le massage cardiaque et faites chercher un défibrillateur (DEA).
Voir aussi l'article : AVC : les symptômes d'alerte
Comment l'infarctus est-il diagnostiqué ?
Le diagnostic repose sur trois éléments :
- les symptômes et les circonstances de leur apparition,
- l'électrocardiogramme (ECG), réalisé dès que l'infarctus est suspecté, souvent dans l'ambulance,
- une prise de sang qui mesure la troponine, une substance libérée par les cellules du cœur endommagées. Un second dosage, une à deux heures plus tard, confirme ou écarte le diagnostic.
Une coronarographie peut ensuite permettre de visualiser les artères coronaires et à les traiter dans la foulée, par angioplastie.
D'autres examens, comme une échographie du cœur, peuvent être réalisés pour évaluer le fonctionnement du muscle cardiaque.
Voir aussi l'article : Douleurs thoraciques : angine de poitrine ou infarctus du myocarde ?
Quel est le traitement de l'infarctus ?
L'objectif est de rétablir au plus vite la circulation du sang dans l'artère bouchée afin de limiter les lésions du muscle cardiaque.
- L'angioplastie coronaire. C'est le traitement de référence. Le cardiologue fait remonter un fin cathéter jusqu'à l'artère, la dilate avec un petit ballonnet, puis y place un stent, un petit ressort métallique qui la maintient ouverte.
- La thrombolyse. Quand l'angioplastie n'est pas réalisable à temps et en l’absence de contre-indications, un médicament peut être administré pour dissoudre le caillot.
- Le pontage coronarien. Cette opération chirurgicale est réservée à certains cas, par exemple lorsque plusieurs artères sont très atteintes.
Quels traitements après un infarctus ?
Après un infarctus, plusieurs médicaments peuvent être prescrits pour réduire le risque de nouveau problème cardiovasculaire. Le cardiologue les adapte à chaque patient :
- des antiagrégants plaquettaires, contre la formation de caillots,
- une statine à forte dose, souvent associée à d'autres médicaments, pour faire chuter le « mauvais » cholestérol (LDL). L'objectif : un LDL inférieur à 55 mg/dl (1,4 mmol/l) et réduit d'au moins 50 %,
- un inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC) ou un sartan, surtout si le cœur a été affaibli ou en cas d'hypertension,
- un bêtabloquant, avant tout quand la fonction de pompe du cœur est diminuée.
N'arrêtez jamais ces traitements sans l'avis de votre médecin ou de votre cardiologue.
La réadaptation cardiaque
Elle fait partie du traitement. Ce programme de quelques semaines associe :
- une reprise progressive et encadrée de l'activité physique,
- des conseils sur l'alimentation et les facteurs de risque,
- une aide à l'arrêt du tabac,
- un soutien psychologique si nécessaire.
En Belgique, l'assurance soins de santé rembourse certains programmes de réadaptation cardiaque, sous conditions.
Quelles sont les conséquences d'un infarctus ?
Elles dépendent de l'étendue de la zone du cœur détruite et de la rapidité de la prise en charge.
Dans les premiers jours, les principaux risques sont :
- des troubles du rythme cardiaque,
- une insuffisance cardiaque,
- plus rarement, des complications mécaniques du cœur.
À plus long terme, certaines personnes gardent :
- une insuffisance cardiaque,
- des troubles du rythme,
- une fatigue ou une baisse des capacités physiques,
- de l'anxiété, la peur de la récidive ou une dépression. Ces difficultés sont fréquentes : parlez-en à votre médecin, elles se soignent.
Peut-on reprendre une vie normale après un infarctus ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Les activités reprennent progressivement. Le travail, la conduite, le sport et la vie sexuelle se discutent avec le cardiologue.
Peut-on avoir un nouvel infarctus ?
Oui. Selon l'American Heart Association, environ une personne sur cinq refait un infarctus dans les cinq ans. Un premier infarctus révèle une maladie des artères qui demande un suivi à vie.
Le risque de récidive baisse nettement si on :
- prend ses traitements chaque jour,
- arrête de fumer : cela divise environ par deux le risque de récidive,
- suit une réadaptation cardiaque,
- contrôle sa tension, son cholestérol et son diabète,
- bouge régulièrement,
- mange de façon équilibrée.
Les symptômes d'un nouvel infarctus peuvent être différents de ceux du premier. Au moindre doute, appelez le 112.
Comment réduire son risque d'infarctus ?
© Getty Images - Un excès de mauvais cholestérol (LDL) dans le sang favorise l'accumulation de plaques de graisse dans les artères.
La plupart des facteurs de risque se corrigent.
Les principaux facteurs de risque
On peut agir sur :
- le tabac,
- l'hypertension artérielle,
- un excès de cholestérol LDL,
- le diabète,
- la sédentarité,
- le surpoids, en particulier au niveau du ventre,
- une alimentation déséquilibrée,
- l'excès d'alcool,
- la consommation de drogues, en particulier la cocaïne.
D'autres facteurs ne se modifient pas : l'âge, les antécédents familiaux, la lipoprotéine(a), certains événements liés à la grossesse ou à la ménopause.
Que faire concrètement ?
- Arrêtez de fumer, avec l'aide d'un professionnel ou d'un service spécialisé (Tabacstop en Belgique).
- Bougez au moins 150 minutes par semaine à intensité modérée, comme la marche rapide.
- Mangez plus de légumes, de fruits, de légumineuses, de céréales complètes et de poisson.
- Préférez l'huile d'olive et les graisses insaturées, limitez les aliments ultra-transformés.
- Réduisez le sel et l'alcool.
- Faites contrôler votre tension, votre cholestérol et votre glycémie aux intervalles conseillés par votre médecin.
- Si vous avez de l'hypertension, du diabète ou trop de cholestérol, suivez votre traitement.
Voir aussi l'article : Comment faire baisser son taux de cholestérol ?
La lipoprotéine(a), ou Lp(a), est une particule de cholestérol dont le taux dépend surtout de la génétique. Un taux élevé augmente le risque cardiovasculaire.
Les recommandations européennes conseillent de la mesurer au moins une fois à l'âge adulte, en particulier en cas d'antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire précoce. Demandez à votre médecin si ce dosage vous concerne.
Voir aussi l'article : Lipoprotéine(a) ou Lp(a) : la prise de sang à faire une fois dans sa vie
Sources :
https://liguecardioliga.be
https://www.msdmanuals.com
https://www.inserm.fr
https://presse.inserm.fr
https://www.heart.org
https://www.jacc.org
https://www.caami-hziv.fgov.be















