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2 Comment savoir si l'on souffre réellement d'éjaculation précoce ?
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2 Exercices et solutions pour retarder l'éjaculation
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2 Peut-on guérir l'éjaculation précoce ?
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AUTEUR Olivia Regout - journaliste santé
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content5 <p> <span class="label">dossier</span> <p>L'éjaculation précoce se traite bien dans la majorité des cas. Des exercices simples comme la technique du stop-start, un accompagnement sexologique et, si nécessaire, des médicaments pris à la demande (comprimé de dapoxétine) permettent de mieux contrôler le moment de l'éjaculation. Lorsque le problème est apparu récemment, il faut d'abord en rechercher et en traiter la cause, par exemple un trouble de l'érection ou une prostatite. Voici comment savoir si vous êtes concerné, ce qui marche réellement et quand consulter.</p> </p> <div class="clear"></div>
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restcontent5 <h2 id="2a">Comment savoir si l'on souffre réellement d'éjaculation précoce ?</h2> <p> <div class="imagebox centeralign full"> <img src="https://image.gezondheid.be/xtra/123_erectie_probleem_man_seks_2020.jpg" title="" alt="123_erectie_probleem_man_seks_2020.jpg" loading="lazy" > </div> <p>Les médecins parlent d'éjaculation précoce lorsque trois éléments sont réunis : une éjaculation qui survient très rapidement, souvent dans la minute qui suit la pénétration, le sentiment de ne pas pouvoir la retarder, et une souffrance qui en découle. La durée seule ne suffit donc pas à poser le diagnostic et tous les hommes qui ont l'impression d’éjaculer trop vite ne sont pas concernés au sens médical. Quelques repères permettent d'y voir plus clair.</p><ul><li><span style="font-weight: bold;">Cela arrive de temps en temps ?</span> Ce n'est pas forcément un problème. Des épisodes irréguliers d'éjaculation rapide font partie des variations normales de la sexualité. Fatigue, stress, nouvelle partenaire, longue période sans rapport représentent autant de situations qui peuvent ponctuellement avoir un impact sur l’éjaculation.</li><li><span style="font-weight: bold;">Le problème est présent presque à chaque rapport ?</span> C'est un élément important. L'éjaculation précoce concerne la grande majorité des rapports, pas seulement quelques épisodes isolés.</li><li><span style="font-weight: bold;">Cela a changé récemment ?</span> Si vous contrôliez auparavant votre éjaculation de façon satisfaisante, il faut rechercher une cause : trouble de l'érection, prostatite, stress ou problème de thyroïde. C'est une bonne raison de consulter.</li><li><span style="font-weight: bold;">Vous avez le sentiment de ne pas pouvoir contrôler le moment de l'éjaculation ? </span>C'est un élément central du diagnostic.</li><li><span style="font-weight: bold;">Cela vous fait souffrir, vous ou votre partenaire ? </span>La souffrance, la frustration et les difficultés dans le couple font partie de la définition.</li><li><span style="font-weight: bold;">Vous vous comparez à la pornographie ?</span> Attention aux attentes irréalistes.<br><br></li></ul><p>Ce dernier point est essentiel. Chez les couples stables, la durée médiane entre la pénétration et l'éjaculation est d'environ 5 minutes, avec des écarts très importants d'un homme à l'autre. On est loin des performances mises en scène dans les films pornographiques. Une étude récente relayée par la Société internationale de médecine sexuelle (ISSM) montre que près de 6 hommes traités pour éjaculation précoce sur 10 espèrent dépasser 10 minutes grâce au traitement. Ces attentes irréalistes augmentent l'anxiété, diminuent la satisfaction vis-à-vis des traitements et poussent certains hommes à les abandonner.</p> <p> <A class="subtopic" HREF="/article/sexualite/quel-est-limpact-du-porno-sur-votre-vie-sexuelle-et-votre-relation-37078"> Voir aussi l'article : Quel est l’impact du porno sur votre vie sexuelle et votre relation ?</A></p> </p> <div id="bc-below-para-1" class="bc-placeholder"></div> <DIV class="pub">ad gpt-ad-INPAGE</DIV><div class="clear"></div> <div class="js-ad" id="gpt-ad-INPAGE" data-adshim data-adshim-format="inpage" data-adshim-slot="" data-adshim-targeting='{"AdType":"INPAGE"}' data-device="all" style="max-width: 620px;"></div> <div class="clear50"></div> <p> <p>Certains hommes ont d'ailleurs l'impression d'éjaculer trop vite alors que leur délai est tout à fait dans la norme. Dans ce cas, une information fiable et, si nécessaire, un accompagnement par un sexologue sont plus utiles qu'un médicament.</p> <p> <A class="subtopic" HREF="/article/troubles-sexuels-chez-lhomme/e-partir-de-quel-moment-lejaculation-precoce-estelle-un-probleme-34016"> Voir aussi l'article : Éjaculation précoce : test et critères pour le savoir</A></p> </p> <h2 id="3">Pourquoi éjacule-t-on trop vite ?</h2> <p> <p>Plusieurs facteurs interviennent probablement : l'anxiété, une sensibilité accrue du pénis et le fonctionnement de certains circuits cérébraux impliquant la sérotonine, un messager chimique qui participe au contrôle de l'éjaculation. Les médecins distinguent surtout deux situations.</p><ol><li><span style="font-weight: bold;">L'éjaculation précoce présente depuis toujours (primaire).</span> Elle existe dès les premiers rapports sexuels, et l'éjaculation survient généralement dans la minute qui suit la pénétration. Des facteurs neurobiologiques et génétiques seraient en cause. Ce n'est donc ni une question de volonté ni un manque de virilité.</li><li><span style="font-weight: bold;">L'éjaculation précoce apparue récemment (acquise). </span>Elle survient après une période où le contrôle était satisfaisant, et le délai s'est nettement raccourci, souvent à 3 minutes ou moins. Elle a plus souvent une cause identifiable.</li><li><span style="font-weight: bold;">Le stress et l'anxiété</span>. L'anxiété de performance entretient un cercle vicieux : plus on redoute d'éjaculer trop vite, plus on se focalise sur l'éjaculation… et plus elle devient difficile à contrôler. Les difficultés relationnelles peuvent aussi jouer un rôle.</li><li><span style="font-weight: bold;">La dysfonction érectile</span>. C'est un piège fréquent. Par peur de perdre leur érection, certains hommes accélèrent inconsciemment les rapports. Lorsque les deux problèmes coexistent, c'est le trouble de l'érection qu'il faut traiter en priorité. À l'inverse, perdre son érection après avoir éjaculé est tout à fait normal.</li><li><span style="font-weight: bold;">Les causes médicales</span>. Une prostatite chronique, un autre problème génito-urinaire ou une hyperthyroïdie peuvent favoriser une éjaculation précoce. Le mauvais sommeil, le surpoids, le diabète, le manque d'activité physique et la dépression figurent aussi parmi les facteurs de risque.</li></ol><p>Contrairement à une idée reçue, l'éjaculation précoce ne s'améliore pas forcément avec l'âge. Elle concerne toutes les tranches d'âge.</p> <p> <A class="subtopic" HREF="/article/troubles-sexuels-chez-lhomme/1-homme-sur-5-souffre-de-troubles-erectiles-apres-18-ans-36867"> Voir aussi l'article : 1 homme sur 5 souffre de troubles érectiles après 18 ans</A></p> </p> <h2 id="4">Exercices et solutions pour retarder l'éjaculation</h2> <p> <p>Il n'existe pas de méthode unique, mais plusieurs approches peuvent être essayées. L'objectif n'est pas de « tenir » le plus longtemps possible, mais d'apprendre à reconnaître la montée de l'excitation pour mieux la contrôler. Ces techniques donnent leurs meilleurs résultats lorsqu'elles sont pratiquées régulièrement, avec patience, et idéalement dans le cadre d'un accompagnement.</p><h3><span style="font-weight: bold;">1. La technique du stop-start : comment faire ?</span></h3><p>C'est la méthode comportementale la plus connue. Le principe : repérer le « point de non-retour », ce moment où l'éjaculation devient inévitable, et interrompre la stimulation juste avant.</p><ol><li>Commencez seul, lors de la masturbation, sans pression ni objectif de durée.</li><li>Arrêtez toute stimulation lorsque vous sentez l'éjaculation approcher.</li><li>Attendez que l'envie redescende nettement, généralement une trentaine de secondes.</li><li>Reprenez la stimulation. Répétez l'exercice trois ou quatre fois avant de vous autoriser à éjaculer.</li><li>Après quelques semaines, pratiquez avec votre partenaire, d'abord lors de caresses, puis pendant les rapports.</li></ol><p>Une variante, le <span style="font-weight: bold;">squeeze</span>, consiste à presser fermement, mais sans douleur, la base du gland pendant quelques secondes, juste avant le point de non-retour. L'excitation redescend, puis la stimulation peut reprendre.</p><h3><span style="font-weight: bold;">2. Mieux gérer son excitation</span></h3><ul><li>Respirez lentement et profondément pendant le rapport. Une respiration rapide, voire bloquée, accélère la montée de l'excitation.</li><li>Ralentissez ou faites une pause lorsque l'excitation devient trop forte.&nbsp;</li><li>Variez le rythme et les positions. Ralentir, changer de position ou privilégier celles où vous êtes moins actif aide à garder le contrôle.</li><li>Concentrez-vous sur les sensations et le plaisir partagé plutôt que sur la performance.</li><li>Ne réduisez pas la sexualité à la pénétration. Préliminaires, caresses et sexe oral permettent de relâcher la pression sur la durée du rapport.<br><br></li></ul><p>Les exercices de pleine conscience peuvent aussi aider, en particulier lorsque l'anxiété est importante.</p><h3><span style="font-weight: bold;">3. Les exercices du plancher pelvien</span></h3><p>Les muscles du périnée participent au réflexe de l'éjaculation. Apprendre à les contracter, mais aussi à les relâcher, peut améliorer le contrôle.</p><p>Comment faire ? Contractez les muscles que vous utiliseriez pour retenir un jet d'urine (sans vous entraîner pendant la miction). Maintenez la contraction 3 à 5 secondes, relâchez pendant la même durée, puis répétez une dizaine de fois, plusieurs fois par jour. Un kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale peut vous aider à bien identifier ces muscles.</p><p>Certaines études rapportent un délai avant éjaculation multiplié par trois ou quatre après quelques semaines d'entraînement. Ces résultats restent à confirmer, et semblent meilleurs lorsque les exercices sont associés à d'autres approches.</p><h3><span style="font-weight: bold;">4. Masturbation et préservatif : des solutions d'appoint</span></h3><p>Se masturber une à deux heures avant un rapport peut retarder l'éjaculation suivante chez certains hommes. La masturbation est aussi le terrain d'entraînement idéal pour le stop-start. Mieux vaut en revanche éviter une masturbation rapide, qui entretient l'habitude d'une éjaculation accélérée. Le préservatif, qui diminue légèrement les sensations, peut également aider, tout comme les préservatifs dits « retardants », qui contiennent un anesthésique local. Ces astuces peuvent dépanner, mais ne remplacent pas une prise en charge si le problème persiste.</p><h3><span style="font-weight: bold;">5. L'accompagnement par un sexologue</span></h3><p>Un sexologue, un psychologue formé à la sexologie ou un médecin sexologue peut vous aider à comprendre le trouble, à apaiser l'anxiété et à pratiquer les exercices de façon structurée. Selon les cas, l'approche est comportementale, cognitive ou centrée sur le couple. Elle vise à apprendre à retarder l'éjaculation, à reprendre confiance et à améliorer la communication avec la ou le partenaire, dont la participation est souvent un vrai plus. Ces thérapies donnent leurs meilleurs résultats lorsqu'elles sont associées à un traitement médical.</p> <p> <A class="subtopic" HREF="/article/sexualite/les-relations-amoureuses-sans-sexe-sontelles-saines-pour-le-couple-38557"> Voir aussi l'article : Les relations amoureuses sans sexe sont-elles saines pour le couple ?</A></p> </p> <h2 id="5">Traitements pour retarder l'éjaculation précoce</h2> <p> <p>Lorsque l'éjaculation prématurée est présente depuis toujours, un traitement médicamenteux peut être proposé, idéalement associé à un accompagnement sexologique. Les recommandations européennes placent la dapoxétine et le spray lidocaïne/prilocaïne au même rang, comme traitements de premier choix.&nbsp;</p><p>Lorsque l’éjaculation précoce est apparue récemment, la priorité est de traiter sa cause.</p><h3><span style="font-weight: bold;">La dapoxétine (Priligy®)</span></h3><p>C'est le seul comprimé spécifiquement autorisé contre l'éjaculation précoce, en Belgique comme en France. Délivré sur ordonnance, il se prend uniquement en prévision d'un rapport, 1 à 3 heures avant. Il multiplie en moyenne par 2,5 à 3 le délai avant l'éjaculation. Ses effets indésirables les plus fréquents sont les nausées, les maux de tête et les vertiges.&nbsp; Plus rarement, une chute de tension avec malaise peut survenir, d'où la nécessité de consulter un médecin avant d’entamer un traitement. Il faut également éviter l'alcool avec ce médicament. Dans les faits, beaucoup d'hommes finissent par l'abandonner, en raison de son coût et de la contrainte de planifier chaque rapport.</p><h3><span style="font-weight: bold;">Le spray lidocaïne/prilocaïne (Fortacin®)</span></h3><p>Ce spray anesthésiant diminue la sensibilité du gland sans supprimer la sensation de l'éjaculation. Les recommandations européennes le placent au même rang que la dapoxétine parmi les traitements de premier choix de l'éjaculation précoce présente depuis toujours. En France, il est vendu en pharmacie sans ordonnance, mais n'est pas remboursé.<span style="font-weight: bold;"> Il n’est pas commercialisé en Belgique</span>.</p><h3><span style="font-weight: bold;">D'autres options</span></h3><ul><li>Les antidépresseurs pris chaque jour (paroxétine, sertraline, clomipramine…) retardent l'éjaculation. Ils ne sont pas officiellement autorisés dans cette indication, mais peuvent être proposés en deuxième intention. Ils peuvent altérer la qualité du sperme, un point à discuter en cas de projet d'enfant, et ne doivent jamais être arrêtés brutalement.</li><li>Les médicaments de l'érection (sildénafil, tadalafil…) sont indispensables en cas de trouble de l'érection associé. Même sans ce trouble, ils peuvent être proposés, seuls ou en association, car ils améliorent la confiance et le sentiment de contrôle.</li><li>Les pistes d'avenir. De nouveaux médicaments agissant sur l'ocytocine, une hormone impliquée dans le réflexe éjaculatoire, ainsi que des techniques de stimulation nerveuse sont à l'étude, avec des premiers résultats encourageants.<br><br></li></ul><p>Aucun complément alimentaire vendu pour « retarder l'éjaculation » n'a fait ses preuves. Méfiez-vous aussi des produits vendus sur des sites non officiels ou en dehors des pharmacies (par exemple, dans les sexshops) : leur composition n'est pas garantie et ils peuvent être dangereux.</p><h3><span style="font-weight: bold;">Traiter une cause associée</span></h3><p>Lorsque l'éjaculation précoce est apparue récemment, il faut d'abord tenter d'identifier la cause et de la traiter : trouble de l'érection, prostatite ou autre problème génito-urinaire, hyperthyroïdie, anxiété ou dépression. Améliorer son sommeil et son hygiène de vie peut aussi faire une réelle différence.</p> </p> <h2 id="6">Éjaculation précoce : quand consulter ?</h2> <p> <p>Consultez votre médecin généraliste, ou directement un urologue, un andrologue ou un sexologue :</p><ul><li>si le problème est présent presque systématiquement,</li><li>s'il entraîne une souffrance ou une frustration,</li><li>s'il perturbe votre relation de couple,</li><li>s'il est apparu récemment, après une période où tout allait bien,</li><li>s'il s'accompagne d'une difficulté à obtenir ou à maintenir une érection,</li><li>s'il existe des douleurs, des brûlures en urinant, des envies fréquentes d'uriner, du sang dans le sperme ou de la fièvre.<br><br></li></ul><p><span style="font-weight: bold;">Il n'est pas nécessaire d'attendre que le problème devienne important pour en parler à un médecin.</span></p><p><span style="font-weight: bold;"></span></p><p>La consultation est simple et ne demande rien de gênant. Le diagnostic repose essentiellement sur la discussion : le médecin s'intéresse au délai avant l'éjaculation (une estimation suffit), au sentiment de contrôle et au retentissement sur la vie sexuelle et le couple. Il peut compléter l'évaluation avec un court questionnaire validé, comme le PEDT (Premature Ejaculation Diagnostic Tool), et réaliser un examen clinique pour rechercher un autre problème, notamment un trouble de l'érection. Les analyses de sang ne sont demandées qu'en cas de suspicion d'une cause particulière, comme une hyperthyroïdie ou un diabète.</p> </p> <h2 id="7">Peut-on guérir l'éjaculation précoce ?</h2> <p> <p>Tout dépend de sa forme.</p><ul><li><span style="font-weight: bold;">Si elle est apparue récemment</span>, elle disparaît souvent une fois sa cause identifiée et traitée.</li><li><span style="font-weight: bold;">Si elle est présente depuis toujours</span>, on parle plutôt de contrôle que de guérison. Les médicaments agissent tant qu'on les utilise, tandis que le travail avec le sexologue et les exercices permettent d'acquérir des compétences durables. C'est pourquoi les spécialistes privilégient l'association des deux.</li><li><span style="font-weight: bold;">Si elle est occasionnelle ou seulement ressentie</span>, il ne s'agit généralement pas d'une éjaculation précoce au sens : une information fiable et un peu de réassurance suffisent souvent.<br><br></li></ul><p>Dans tous les cas, l'essentiel est de se fixer un objectif réaliste. Il ne s'agit pas de « tenir » une demi-heure, mais de retrouver un sentiment de contrôle et une sexualité épanouissante, pour soi comme pour sa ou son partenaire.</p> <p> <A class="subtopic" HREF="/article/sexualite/intimite-dans-le-couple-il-ny-a-pas-que-lintimite-sexuelle-38496"> Voir aussi l'article : Intimité dans le couple : il n’y a pas que l’intimité sexuelle</A></p> </p> <p> <div><span style="font-weight: bold;">Sources :&nbsp;</span></div><div><a href="https://uroweb.org/guidelines/sexual-and-reproductive-health/chapter/disorders-of-ejaculation" target="_blank">https://uroweb.org</a></div><div><a href="https://d56bochluxqnz.cloudfront.net/documents/full-guideline/EAU-Guidelines-on-Sexual-and-Reproductive-Health-2026.pdf" target="_blank">https://d56bochluxqnz.cloudfront.net</a></div><div><a href="https://www.europeanurology.com/article/S0302-2838(25)00211-8/fulltext" target="_blank">https://www.europeanurology.com</a></div><div><a href="https://www.urofrance.org/2019/05/22/ejaculation-prematuree-comment-ameliorer-les-symptomes/" target="_blank">https://www.urofrance.org</a></div><div><a href="https://www.afmps.be/fr/news/medicaments_illegaux_contre_les_troubles_de_lerection_et_sprays_anesthesiants_plus_de_5_000" target="_blank">https://www.afmps.be</a></div><div><a href="https://pharmainfo.be/fr/info/medicaments-contre-les-troubles-de-lerection-soyez-vigilante-lorsque-vous-faites-des-achats-en-ligne" target="_blank">https://pharmainfo.be</a></div><div><a href="https://www.cbip.be/fr/chapters/1?frag=8906810" target="_blank">https://www.cbip.be</a></div><div><a href="https://www.prescrire.org/divers/478-lidocaine-prilocaine-fortacin-dans-l-ejaculation-precoce-accessible-sans-ordonnance" target="_blank">https://www.prescrire.org</a></div> </p>
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Éjaculation précoce : quelles solutions pour la retarder ?

dossier

L'éjaculation précoce se traite bien dans la majorité des cas. Des exercices simples comme la technique du stop-start, un accompagnement sexologique et, si nécessaire, des médicaments pris à la demande (comprimé de dapoxétine) permettent de mieux contrôler le moment de l'éjaculation. Lorsque le problème est apparu récemment, il faut d'abord en rechercher et en traiter la cause, par exemple un trouble de l'érection ou une prostatite. Voici comment savoir si vous êtes concerné, ce qui marche réellement et quand consulter.

Comment savoir si l'on souffre réellement d'éjaculation précoce ?

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Les médecins parlent d'éjaculation précoce lorsque trois éléments sont réunis : une éjaculation qui survient très rapidement, souvent dans la minute qui suit la pénétration, le sentiment de ne pas pouvoir la retarder, et une souffrance qui en découle. La durée seule ne suffit donc pas à poser le diagnostic et tous les hommes qui ont l'impression d’éjaculer trop vite ne sont pas concernés au sens médical. Quelques repères permettent d'y voir plus clair.

  • Cela arrive de temps en temps ? Ce n'est pas forcément un problème. Des épisodes irréguliers d'éjaculation rapide font partie des variations normales de la sexualité. Fatigue, stress, nouvelle partenaire, longue période sans rapport représentent autant de situations qui peuvent ponctuellement avoir un impact sur l’éjaculation.
  • Le problème est présent presque à chaque rapport ? C'est un élément important. L'éjaculation précoce concerne la grande majorité des rapports, pas seulement quelques épisodes isolés.
  • Cela a changé récemment ? Si vous contrôliez auparavant votre éjaculation de façon satisfaisante, il faut rechercher une cause : trouble de l'érection, prostatite, stress ou problème de thyroïde. C'est une bonne raison de consulter.
  • Vous avez le sentiment de ne pas pouvoir contrôler le moment de l'éjaculation ? C'est un élément central du diagnostic.
  • Cela vous fait souffrir, vous ou votre partenaire ? La souffrance, la frustration et les difficultés dans le couple font partie de la définition.
  • Vous vous comparez à la pornographie ? Attention aux attentes irréalistes.

Ce dernier point est essentiel. Chez les couples stables, la durée médiane entre la pénétration et l'éjaculation est d'environ 5 minutes, avec des écarts très importants d'un homme à l'autre. On est loin des performances mises en scène dans les films pornographiques. Une étude récente relayée par la Société internationale de médecine sexuelle (ISSM) montre que près de 6 hommes traités pour éjaculation précoce sur 10 espèrent dépasser 10 minutes grâce au traitement. Ces attentes irréalistes augmentent l'anxiété, diminuent la satisfaction vis-à-vis des traitements et poussent certains hommes à les abandonner.

Voir aussi l'article : Quel est l’impact du porno sur votre vie sexuelle et votre relation ?

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Certains hommes ont d'ailleurs l'impression d'éjaculer trop vite alors que leur délai est tout à fait dans la norme. Dans ce cas, une information fiable et, si nécessaire, un accompagnement par un sexologue sont plus utiles qu'un médicament.

Voir aussi l'article : Éjaculation précoce : test et critères pour le savoir

Pourquoi éjacule-t-on trop vite ?

Plusieurs facteurs interviennent probablement : l'anxiété, une sensibilité accrue du pénis et le fonctionnement de certains circuits cérébraux impliquant la sérotonine, un messager chimique qui participe au contrôle de l'éjaculation. Les médecins distinguent surtout deux situations.

  1. L'éjaculation précoce présente depuis toujours (primaire). Elle existe dès les premiers rapports sexuels, et l'éjaculation survient généralement dans la minute qui suit la pénétration. Des facteurs neurobiologiques et génétiques seraient en cause. Ce n'est donc ni une question de volonté ni un manque de virilité.
  2. L'éjaculation précoce apparue récemment (acquise). Elle survient après une période où le contrôle était satisfaisant, et le délai s'est nettement raccourci, souvent à 3 minutes ou moins. Elle a plus souvent une cause identifiable.
  3. Le stress et l'anxiété. L'anxiété de performance entretient un cercle vicieux : plus on redoute d'éjaculer trop vite, plus on se focalise sur l'éjaculation… et plus elle devient difficile à contrôler. Les difficultés relationnelles peuvent aussi jouer un rôle.
  4. La dysfonction érectile. C'est un piège fréquent. Par peur de perdre leur érection, certains hommes accélèrent inconsciemment les rapports. Lorsque les deux problèmes coexistent, c'est le trouble de l'érection qu'il faut traiter en priorité. À l'inverse, perdre son érection après avoir éjaculé est tout à fait normal.
  5. Les causes médicales. Une prostatite chronique, un autre problème génito-urinaire ou une hyperthyroïdie peuvent favoriser une éjaculation précoce. Le mauvais sommeil, le surpoids, le diabète, le manque d'activité physique et la dépression figurent aussi parmi les facteurs de risque.

Contrairement à une idée reçue, l'éjaculation précoce ne s'améliore pas forcément avec l'âge. Elle concerne toutes les tranches d'âge.

Voir aussi l'article : 1 homme sur 5 souffre de troubles érectiles après 18 ans

Exercices et solutions pour retarder l'éjaculation

Il n'existe pas de méthode unique, mais plusieurs approches peuvent être essayées. L'objectif n'est pas de « tenir » le plus longtemps possible, mais d'apprendre à reconnaître la montée de l'excitation pour mieux la contrôler. Ces techniques donnent leurs meilleurs résultats lorsqu'elles sont pratiquées régulièrement, avec patience, et idéalement dans le cadre d'un accompagnement.

1. La technique du stop-start : comment faire ?

C'est la méthode comportementale la plus connue. Le principe : repérer le « point de non-retour », ce moment où l'éjaculation devient inévitable, et interrompre la stimulation juste avant.

  1. Commencez seul, lors de la masturbation, sans pression ni objectif de durée.
  2. Arrêtez toute stimulation lorsque vous sentez l'éjaculation approcher.
  3. Attendez que l'envie redescende nettement, généralement une trentaine de secondes.
  4. Reprenez la stimulation. Répétez l'exercice trois ou quatre fois avant de vous autoriser à éjaculer.
  5. Après quelques semaines, pratiquez avec votre partenaire, d'abord lors de caresses, puis pendant les rapports.

Une variante, le squeeze, consiste à presser fermement, mais sans douleur, la base du gland pendant quelques secondes, juste avant le point de non-retour. L'excitation redescend, puis la stimulation peut reprendre.

2. Mieux gérer son excitation

  • Respirez lentement et profondément pendant le rapport. Une respiration rapide, voire bloquée, accélère la montée de l'excitation.
  • Ralentissez ou faites une pause lorsque l'excitation devient trop forte. 
  • Variez le rythme et les positions. Ralentir, changer de position ou privilégier celles où vous êtes moins actif aide à garder le contrôle.
  • Concentrez-vous sur les sensations et le plaisir partagé plutôt que sur la performance.
  • Ne réduisez pas la sexualité à la pénétration. Préliminaires, caresses et sexe oral permettent de relâcher la pression sur la durée du rapport.

Les exercices de pleine conscience peuvent aussi aider, en particulier lorsque l'anxiété est importante.

3. Les exercices du plancher pelvien

Les muscles du périnée participent au réflexe de l'éjaculation. Apprendre à les contracter, mais aussi à les relâcher, peut améliorer le contrôle.

Comment faire ? Contractez les muscles que vous utiliseriez pour retenir un jet d'urine (sans vous entraîner pendant la miction). Maintenez la contraction 3 à 5 secondes, relâchez pendant la même durée, puis répétez une dizaine de fois, plusieurs fois par jour. Un kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale peut vous aider à bien identifier ces muscles.

Certaines études rapportent un délai avant éjaculation multiplié par trois ou quatre après quelques semaines d'entraînement. Ces résultats restent à confirmer, et semblent meilleurs lorsque les exercices sont associés à d'autres approches.

4. Masturbation et préservatif : des solutions d'appoint

Se masturber une à deux heures avant un rapport peut retarder l'éjaculation suivante chez certains hommes. La masturbation est aussi le terrain d'entraînement idéal pour le stop-start. Mieux vaut en revanche éviter une masturbation rapide, qui entretient l'habitude d'une éjaculation accélérée. Le préservatif, qui diminue légèrement les sensations, peut également aider, tout comme les préservatifs dits « retardants », qui contiennent un anesthésique local. Ces astuces peuvent dépanner, mais ne remplacent pas une prise en charge si le problème persiste.

5. L'accompagnement par un sexologue

Un sexologue, un psychologue formé à la sexologie ou un médecin sexologue peut vous aider à comprendre le trouble, à apaiser l'anxiété et à pratiquer les exercices de façon structurée. Selon les cas, l'approche est comportementale, cognitive ou centrée sur le couple. Elle vise à apprendre à retarder l'éjaculation, à reprendre confiance et à améliorer la communication avec la ou le partenaire, dont la participation est souvent un vrai plus. Ces thérapies donnent leurs meilleurs résultats lorsqu'elles sont associées à un traitement médical.

Voir aussi l'article : Les relations amoureuses sans sexe sont-elles saines pour le couple ?

Traitements pour retarder l'éjaculation précoce

Lorsque l'éjaculation prématurée est présente depuis toujours, un traitement médicamenteux peut être proposé, idéalement associé à un accompagnement sexologique. Les recommandations européennes placent la dapoxétine et le spray lidocaïne/prilocaïne au même rang, comme traitements de premier choix. 

Lorsque l’éjaculation précoce est apparue récemment, la priorité est de traiter sa cause.

La dapoxétine (Priligy®)

C'est le seul comprimé spécifiquement autorisé contre l'éjaculation précoce, en Belgique comme en France. Délivré sur ordonnance, il se prend uniquement en prévision d'un rapport, 1 à 3 heures avant. Il multiplie en moyenne par 2,5 à 3 le délai avant l'éjaculation. Ses effets indésirables les plus fréquents sont les nausées, les maux de tête et les vertiges.  Plus rarement, une chute de tension avec malaise peut survenir, d'où la nécessité de consulter un médecin avant d’entamer un traitement. Il faut également éviter l'alcool avec ce médicament. Dans les faits, beaucoup d'hommes finissent par l'abandonner, en raison de son coût et de la contrainte de planifier chaque rapport.

Le spray lidocaïne/prilocaïne (Fortacin®)

Ce spray anesthésiant diminue la sensibilité du gland sans supprimer la sensation de l'éjaculation. Les recommandations européennes le placent au même rang que la dapoxétine parmi les traitements de premier choix de l'éjaculation précoce présente depuis toujours. En France, il est vendu en pharmacie sans ordonnance, mais n'est pas remboursé. Il n’est pas commercialisé en Belgique.

D'autres options

  • Les antidépresseurs pris chaque jour (paroxétine, sertraline, clomipramine…) retardent l'éjaculation. Ils ne sont pas officiellement autorisés dans cette indication, mais peuvent être proposés en deuxième intention. Ils peuvent altérer la qualité du sperme, un point à discuter en cas de projet d'enfant, et ne doivent jamais être arrêtés brutalement.
  • Les médicaments de l'érection (sildénafil, tadalafil…) sont indispensables en cas de trouble de l'érection associé. Même sans ce trouble, ils peuvent être proposés, seuls ou en association, car ils améliorent la confiance et le sentiment de contrôle.
  • Les pistes d'avenir. De nouveaux médicaments agissant sur l'ocytocine, une hormone impliquée dans le réflexe éjaculatoire, ainsi que des techniques de stimulation nerveuse sont à l'étude, avec des premiers résultats encourageants.

Aucun complément alimentaire vendu pour « retarder l'éjaculation » n'a fait ses preuves. Méfiez-vous aussi des produits vendus sur des sites non officiels ou en dehors des pharmacies (par exemple, dans les sexshops) : leur composition n'est pas garantie et ils peuvent être dangereux.

Traiter une cause associée

Lorsque l'éjaculation précoce est apparue récemment, il faut d'abord tenter d'identifier la cause et de la traiter : trouble de l'érection, prostatite ou autre problème génito-urinaire, hyperthyroïdie, anxiété ou dépression. Améliorer son sommeil et son hygiène de vie peut aussi faire une réelle différence.

Éjaculation précoce : quand consulter ?

Consultez votre médecin généraliste, ou directement un urologue, un andrologue ou un sexologue :

  • si le problème est présent presque systématiquement,
  • s'il entraîne une souffrance ou une frustration,
  • s'il perturbe votre relation de couple,
  • s'il est apparu récemment, après une période où tout allait bien,
  • s'il s'accompagne d'une difficulté à obtenir ou à maintenir une érection,
  • s'il existe des douleurs, des brûlures en urinant, des envies fréquentes d'uriner, du sang dans le sperme ou de la fièvre.

Il n'est pas nécessaire d'attendre que le problème devienne important pour en parler à un médecin.

La consultation est simple et ne demande rien de gênant. Le diagnostic repose essentiellement sur la discussion : le médecin s'intéresse au délai avant l'éjaculation (une estimation suffit), au sentiment de contrôle et au retentissement sur la vie sexuelle et le couple. Il peut compléter l'évaluation avec un court questionnaire validé, comme le PEDT (Premature Ejaculation Diagnostic Tool), et réaliser un examen clinique pour rechercher un autre problème, notamment un trouble de l'érection. Les analyses de sang ne sont demandées qu'en cas de suspicion d'une cause particulière, comme une hyperthyroïdie ou un diabète.

Peut-on guérir l'éjaculation précoce ?

Tout dépend de sa forme.

  • Si elle est apparue récemment, elle disparaît souvent une fois sa cause identifiée et traitée.
  • Si elle est présente depuis toujours, on parle plutôt de contrôle que de guérison. Les médicaments agissent tant qu'on les utilise, tandis que le travail avec le sexologue et les exercices permettent d'acquérir des compétences durables. C'est pourquoi les spécialistes privilégient l'association des deux.
  • Si elle est occasionnelle ou seulement ressentie, il ne s'agit généralement pas d'une éjaculation précoce au sens : une information fiable et un peu de réassurance suffisent souvent.

Dans tous les cas, l'essentiel est de se fixer un objectif réaliste. Il ne s'agit pas de « tenir » une demi-heure, mais de retrouver un sentiment de contrôle et une sexualité épanouissante, pour soi comme pour sa ou son partenaire.

Voir aussi l'article : Intimité dans le couple : il n’y a pas que l’intimité sexuelle

Sources : 
https://uroweb.org
https://d56bochluxqnz.cloudfront.net
https://www.europeanurology.com
https://www.urofrance.org
https://www.afmps.be
https://pharmainfo.be
https://www.cbip.be
https://www.prescrire.org

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: septembre 2026

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