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AUTEUR Juan Miralles - journaliste santé
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content5 <p> <span class="label">dossier</span> C’est l’explosion ! En quelques années, la consommation d’antidouleurs a augmenté de manière spectaculaire en Belgique. Le phénomène est particulièrement significatif dans le sud du pays. Les derniers chiffres, portant sur 2009, confirment clairement la tendance. Explication.<br><br>Les données sont fournies par l’Inami et portent sur les antidouleurs remboursés par l’assurance maladie. On parle donc ici des médicaments délivrés sur prescription, qui s’adressent aux patients souffrant de douleurs relativement sévères, qu’elles présentent un caractère aigu ou chronique. </p>
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restcontent5 <p> Premier point de repère : en 1997, les opiacés - les traitements les plus courants - ont fait l’objet de remboursements pour un montant avoisinant les 20 millions d’euros. Pour l’année 2009, ce budget s’est élevé à… 60 millions, soit trois fois plus. La quantité prescrite a quant à elle été multipliée par quatre durant la même période. Et on parle bien ici de substances puissantes, qui étaient utilisées voici une dizaine d’années avec une grande parcimonie, et qui semblent aujourd’hui avoir totalement intégré l’arsenal thérapeutique de « première ligne ». <br><br>La preuve : <b>dans près de neuf cas sur dix, la prescription émane d’un généraliste</b>, alors qu’elle était naguère plutôt l’apanage des spécialistes, plus enclins que les médecins de famille à y recourir. À quelles molécules l’Inami fait-elle ici référence ? Aux opiacés comme la morphine, bien sûr, mais aussi le tramadol (combiné ou non au paracétamol), la buprénorphine, le fentanyl, la péthidine, la tilidine ou encore l’oxycodone. Pour être plus clair, cette classe recouvre des médicaments aussi parlants que Contramal, Tradonal, Valtran, Durogesic, Matrifen, Subutex, Temgesic, Transtec, Palladone, Zaldiar ou OxyContin. Ce n’est pas rien, évidemment. Ainsi, chaque Belge en consomme, en moyenne, 4,5 doses par an, soit 46,5 millions au total en 2009 (contre un peu plus de 20 millions à l’entame de la décennie). Trois observations importantes. </p> <div id="bc-below-para-1" class="bc-placeholder"></div> <DIV class="pub">ad gpt-ad-INPAGE</DIV><div class="clear"></div> <div class="js-ad" id="gpt-ad-INPAGE" data-adshim data-adshim-format="inpage" data-adshim-slot="" data-adshim-targeting='{"AdType":"INPAGE"}' data-device="all" style="max-width: 620px;"></div> <div class="clear50"></div> <p> • La forte percée de ces analgésiques concerne en particulier <b>le tramadol</b> (dont l’usage reste très répandu dans notre pays), surtout en association avec le paracétamol, et l’oxycodone, qui connaît la croissance la plus spectaculaire, indique-t-on auprès de l’Inami. La buprénorphine, par l’introduction de systèmes transdermiques, n’est pas en reste. </p> <p> • Des différences - très - importantes sont enregistrées selon les régions. On constate d’importantes variations dans l’usage de ces médicaments, poursuit l’Inami. Dans les provinces de Luxembourg, de Namur, du Hainaut et de Liège, la consommation moyenne se situe entre 6 et 6,7 doses par an et par habitant, contre 3,9 à Bruxelles ou 3,5 à Anvers. </p> <p> • L’âge et le sexe des patients revêtent une importance déterminante. En fait, <b>ces médicaments sont principalement utilisés par des femmes, à partir de l’âge de 40 ans</b>. La différence entre sexes, relativement faible jusqu’à la quarantaine, explose au fur et à mesure que l’on avance en âge (sachant que par tranche de dix ans, la consommation de ces médicaments double).<br><br>La question porte bien entendu sur le fait de savoir <b>à quoi est liée cette progression à la fois constante et impressionnante</b>. Les experts de l’Inami évoquent une double hypothèse : une explication possible porte sur l’augmentation de l’incidence de la douleur, surtout chronique, du fait du vieillissement de la population, alors qu’il est probable que, parallèlement, les médecins accordent une attention accrue aux situations de douleur, aiguë ou chronique, conduisant à une hausse de la prescription de ces médicaments. </p> <h2 id="f"><b>Le Dafalgan superstar</b></h2> <p> Il y a les antidouleurs délivrés sur prescription et remboursés, et il y a les autres. Surtout les autres. Avec le Dafalgan comme incontestable superstar. Pour preuve : il s’en est vendu quelque 10 millions de conditionnements (de boîtes, donc) en 2008 en Belgique, ce qui représente une dépense globale, pour les patients, de 70,4 millions d’euros. En termes de volume, on ajoutera que le Perdolan arrive en seconde position, avec 3,4 millions de conditionnements. Énorme.<br><br>De fait, les antidouleurs - on n’oubliera pas le Nurofen (2,2 millions de conditionnements par an) - éclipsent tous les autres médicaments disponibles en vente libre, quelle que soit leur indication. À lui seul, le paracétamol représente une centaine de millions d’euros de dépenses annuelles (à charge des patients pour la quasi-totalité), soit un peu plus de la moitié du marché global des antidouleurs (remboursés ou non). </p> <h2 id="g"><b>Maîtriser le phénomène</b></h2> <p> Invitée à commenter la hausse de la consommation d’antidouleurs en Belgique, Laurette Onkelinx, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, observe que <EM>« pour ceux qui sont en vente libre, le rôle de conseil du pharmacien est primordial »</EM>.<br><br>En ce qui concerne ceux délivrés sur prescription, <EM>« c’est au médecin traitant d’évaluer au mieux non seulement la nécessité d’entreprendre un tel traitement, mais aussi sa durée ainsi que d’éventuelles approches alternatives, qui pourraient être préconisées pour la prise en charge optimale des causes sous-jacentes. Nous avons pris des initiatives pour maîtriser le phénomène, en particulier par une réforme structurelle de la prise en charge de la douleur »</EM>. </p>
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Les antidouleurs frappent fort !

Dans cet article
Les antidouleurs frappent fort !

dossier C’est l’explosion ! En quelques années, la consommation d’antidouleurs a augmenté de manière spectaculaire en Belgique. Le phénomène est particulièrement significatif dans le sud du pays. Les derniers chiffres, portant sur 2009, confirment clairement la tendance. Explication.

Les données sont fournies par l’Inami et portent sur les antidouleurs remboursés par l’assurance maladie. On parle donc ici des médicaments délivrés sur prescription, qui s’adressent aux patients souffrant de douleurs relativement sévères, qu’elles présentent un caractère aigu ou chronique.

Premier point de repère : en 1997, les opiacés - les traitements les plus courants - ont fait l’objet de remboursements pour un montant avoisinant les 20 millions d’euros. Pour l’année 2009, ce budget s’est élevé à… 60 millions, soit trois fois plus. La quantité prescrite a quant à elle été multipliée par quatre durant la même période. Et on parle bien ici de substances puissantes, qui étaient utilisées voici une dizaine d’années avec une grande parcimonie, et qui semblent aujourd’hui avoir totalement intégré l’arsenal thérapeutique de « première ligne ».

La preuve : dans près de neuf cas sur dix, la prescription émane d’un généraliste, alors qu’elle était naguère plutôt l’apanage des spécialistes, plus enclins que les médecins de famille à y recourir. À quelles molécules l’Inami fait-elle ici référence ? Aux opiacés comme la morphine, bien sûr, mais aussi le tramadol (combiné ou non au paracétamol), la buprénorphine, le fentanyl, la péthidine, la tilidine ou encore l’oxycodone. Pour être plus clair, cette classe recouvre des médicaments aussi parlants que Contramal, Tradonal, Valtran, Durogesic, Matrifen, Subutex, Temgesic, Transtec, Palladone, Zaldiar ou OxyContin. Ce n’est pas rien, évidemment. Ainsi, chaque Belge en consomme, en moyenne, 4,5 doses par an, soit 46,5 millions au total en 2009 (contre un peu plus de 20 millions à l’entame de la décennie). Trois observations importantes.

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• La forte percée de ces analgésiques concerne en particulier le tramadol (dont l’usage reste très répandu dans notre pays), surtout en association avec le paracétamol, et l’oxycodone, qui connaît la croissance la plus spectaculaire, indique-t-on auprès de l’Inami. La buprénorphine, par l’introduction de systèmes transdermiques, n’est pas en reste.

• Des différences - très - importantes sont enregistrées selon les régions. On constate d’importantes variations dans l’usage de ces médicaments, poursuit l’Inami. Dans les provinces de Luxembourg, de Namur, du Hainaut et de Liège, la consommation moyenne se situe entre 6 et 6,7 doses par an et par habitant, contre 3,9 à Bruxelles ou 3,5 à Anvers.

• L’âge et le sexe des patients revêtent une importance déterminante. En fait, ces médicaments sont principalement utilisés par des femmes, à partir de l’âge de 40 ans. La différence entre sexes, relativement faible jusqu’à la quarantaine, explose au fur et à mesure que l’on avance en âge (sachant que par tranche de dix ans, la consommation de ces médicaments double).

La question porte bien entendu sur le fait de savoir à quoi est liée cette progression à la fois constante et impressionnante. Les experts de l’Inami évoquent une double hypothèse : une explication possible porte sur l’augmentation de l’incidence de la douleur, surtout chronique, du fait du vieillissement de la population, alors qu’il est probable que, parallèlement, les médecins accordent une attention accrue aux situations de douleur, aiguë ou chronique, conduisant à une hausse de la prescription de ces médicaments.

Le Dafalgan superstar

Il y a les antidouleurs délivrés sur prescription et remboursés, et il y a les autres. Surtout les autres. Avec le Dafalgan comme incontestable superstar. Pour preuve : il s’en est vendu quelque 10 millions de conditionnements (de boîtes, donc) en 2008 en Belgique, ce qui représente une dépense globale, pour les patients, de 70,4 millions d’euros. En termes de volume, on ajoutera que le Perdolan arrive en seconde position, avec 3,4 millions de conditionnements. Énorme.

De fait, les antidouleurs - on n’oubliera pas le Nurofen (2,2 millions de conditionnements par an) - éclipsent tous les autres médicaments disponibles en vente libre, quelle que soit leur indication. À lui seul, le paracétamol représente une centaine de millions d’euros de dépenses annuelles (à charge des patients pour la quasi-totalité), soit un peu plus de la moitié du marché global des antidouleurs (remboursés ou non).

Maîtriser le phénomène

Invitée à commenter la hausse de la consommation d’antidouleurs en Belgique, Laurette Onkelinx, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, observe que « pour ceux qui sont en vente libre, le rôle de conseil du pharmacien est primordial ».

En ce qui concerne ceux délivrés sur prescription, « c’est au médecin traitant d’évaluer au mieux non seulement la nécessité d’entreprendre un tel traitement, mais aussi sa durée ainsi que d’éventuelles approches alternatives, qui pourraient être préconisées pour la prise en charge optimale des causes sous-jacentes. Nous avons pris des initiatives pour maîtriser le phénomène, en particulier par une réforme structurelle de la prise en charge de la douleur ».

auteur : Juan Miralles - journaliste santé

Dernière mise à jour: janvier 2024

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