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Bigorexie : que faut-il savoir sur l'addiction au sport ?
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L’activité physique est excellente pour la santé. Mais lorsqu’elle devient une obsession et prend le contrôle de la vie quotidienne, elle peut devenir problématique. La bigorexie, également appelée dysmorphie musculaire, se caractérise par une préoccupation excessive pour sa musculature et son apparence physique. Elle s’accompagne souvent d’un entraînement intensif, voire compulsif, qui peut entraîner des conséquences importantes sur la santé physique, mentale et sociale.
Qu’est-ce que la bigorexie ?
La bigorexie, ou dysmorphie musculaire, est un trouble de l’image corporelle dans lequel une personne est convaincue de ne pas être suffisamment musclée ou d'avoir trop de graisses, même lorsqu’elle présente une musculature développée. Cette perception déformée pousse souvent à multiplier les séances d’entraînement et à adopter des comportements extrêmes pour modifier son apparence.
Les personnes concernées consacrent une grande partie de leur temps à l’exercice physique, au contrôle de leur alimentation et à l’amélioration de leur physique. Elles peuvent suivre des régimes très stricts, consommer d’importantes quantités de protéines ou de compléments alimentaires et, dans certains cas, recourir à des stéroïdes anabolisants afin d’accélérer le développement musculaire.
La bigorexie est souvent associée à une pratique excessive du sport, mais les deux notions ne sont pas exactement identiques. Une personne peut souffrir de dysmorphie musculaire sans présenter une véritable dépendance à l’exercice physique, et inversement.
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Quelles sont les causes de la bigorexie ?
Les causes de la bigorexie sont multiples et résultent probablement d’une combinaison de facteurs psychologiques, biologiques et socioculturels.
Parmi les facteurs de risque fréquemment retrouvés figurent :
- une faible estime de soi,
- des moqueries ou du harcèlement liés à l’apparence physique,
- l’anxiété sociale,
- le perfectionnisme,
- certains troubles anxieux ou obsessionnels,
- une forte exposition aux modèles corporels idéalisés véhiculés par la publicité, les réseaux sociaux ou le milieu du fitness.
Les chercheurs estiment également que les sensations de bien-être ressenties après l’effort physique (libération d'endorphine et de dopamine) pourraient contribuer au maintien du comportement excessif. Toutefois, les mécanismes biologiques impliqués restent encore imparfaitement compris.
La bigorexie touche principalement les hommes jeunes, notamment ceux qui pratiquent la musculation ou le culturisme, mais elle peut également concerner les femmes et les sportifs d’autres disciplines.
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Quels sont les signes qui doivent alerter ?
Il n'est pas toujours facile de distinguer une pratique sportive intensive d’un comportement problématique. Certains signes peuvent toutefois évoquer une relation malsaine au sport :
- ressentir de la culpabilité ou de l’anxiété lorsqu’une séance est manquée,
- poursuivre l’entraînement malgré une blessure ou une maladie,
- augmenter constamment la durée ou l’intensité des séances,
- consacrer une part excessive de son temps à l’entraînement, à l’alimentation ou à son apparence,
- négliger sa vie sociale, familiale, professionnelle ou scolaire à cause du sport,
- continuer à s’entraîner malgré des conséquences négatives sur sa santé ou sa vie quotidienne.
Lorsque ces comportements deviennent envahissants et difficiles à contrôler, une prise en charge peut être nécessaire.
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Quel est l'impact de la bigorexie sur la santé physique et mentale ?
© Getty Images
Une pratique excessive du sport peut entraîner de nombreuses complications physiques.
Les blessures liées au surentraînement sont fréquentes : tendinites, fractures de fatigue, douleurs articulaires, fatigue chronique ou récupération insuffisante. Les régimes alimentaires trop restrictifs peuvent également provoquer des carences nutritionnelles et des troubles hormonaux.
Chez certaines personnes, l’utilisation de stéroïdes anabolisants augmente le risque de complications cardiovasculaires, de troubles hormonaux, de lésions hépatiques et de problèmes psychiatriques.
Les conséquences psychologiques sont également importantes. Les personnes souffrant de bigorexie présentent plus souvent des symptômes d’anxiété, de dépression, des troubles obsessionnels ou d’autres troubles du comportement alimentaire.
À long terme, cette obsession de l’apparence physique peut entraîner un isolement social, des difficultés relationnelles, des problèmes financiers et une baisse de la qualité de vie.
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Bigorexie : comment se soigner ?
Le diagnostic peut être difficile à poser, car l’activité physique est généralement perçue comme bénéfique pour la santé. Pourtant, lorsque le sport devient une source de souffrance ou interfère avec la vie quotidienne, il est important d’en parler à un professionnel de santé.
La prise en charge repose généralement sur une approche multidisciplinaire associant médecin, psychologue et parfois nutritionniste.
- La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est actuellement l’une des approches les plus utilisées. Elle aide à identifier les pensées négatives liées à l’image corporelle et à modifier progressivement les comportements problématiques.
- Lorsque la bigorexie est associée à une dépression, un trouble anxieux ou un trouble obsessionnel-compulsif, un traitement médicamenteux, notamment par antidépresseurs, peut parfois être proposé.
- Enfin, apprendre à rééquilibrer sa relation avec l’activité physique, accepter les périodes de repos et développer d’autres centres d’intérêt constitue souvent une étape importante du rétablissement.
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