Virus Shamonda chez l’homme : que sait-on et faut-il s'inquiéter ?
Illustration d'un virus
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Points-clés : virus Shamonda
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Qu'est-ce que le virus Shamonda ?
Shamonda est un virus de la famille des orthobunyavirus, proche cousin du virus de Schmallenberg, bien connu des éleveurs et vétérinaires belges. Découvert au Nigeria dans les années 1960, il avait jusqu'ici été signalé de manière sporadique chez les bovins en Afrique, en Australie et au Japon.
Il est transmis par un minuscule moucheron piqueur, le culicoïde.
Cet été, une nouvelle lignée, baptisée « Shamonda-Europe », est apparue chez les ruminants en Europe. Comme elle diffère un peu du virus africain, les autorités belges parlent aussi de « Shamonda-like virus » (virus apparenté au Shamonda).
Voir aussi l'article : Infection par le virus du Nil occidental en Belgique
Actualité du virus Shamonda : un premier cas humain
Le 22 octobre 2026, les autorités françaises ont annoncé qu'une personne soignée aux Hospices civils de Lyon était infectée par le virus Shamonda-like. Atteint d’une grave maladie, le patient avait déjà un système immunitaire très affaibli. Il a développé des complications cérébrales avant de décéder début octobre. Selon la revue Science, le virus était présent dans son sang dès juillet.
Pour les autorités françaises, ces complications cérébrales sont « très probablement » liées au virus. L'ECDC précise que les enquêtes doivent encore déterminer si le virus a causé le décès ou seulement contribué à celui-ci.
Transmission du virus Shamonda
© Getty Images - Photo d'une espèce non identifiée de moucheron piqueur.
Le virus Shamonda se transmet aux animaux par la piqûre d'un moucheron infecté. À ce jour, aucune transmission d'une personne à l'autre n'a été observée et aucune transmission de la vache à l'homme n'a été rapportée. Même entre animaux, le virus ne passe pas directement de l'un à l'autre (sauf de la mère au fœtus pendant la gestation) : c'est le moucheron qui le transporte et le transmet.
Comment le patient français a-t-il été contaminé par Shamonda ?
La piste privilégiée est la piqûre d'un moucheron infecté (culicoïde) dans l'est de la France, où le virus circulait chez les animaux au printemps et en été. L'homme vivait à la campagne.
Les enquêteurs français examinent néanmoins toutes les expositions possibles du patient, y compris aux animaux. La piste du moustique est également creusée.
Le virus Shamonda est-il dangereux pour l'homme ?
En l'état des connaissances, aucun risque n'est à ce jour identifié pour la population générale, selon les autorités françaises. Le virus circule depuis plusieurs décennies en Afrique et en Asie et aucun cas humain n'avait été décrit jusqu’à aujourd’hui. Le cas de Lyon concerne une personne exceptionnellement vulnérable. L'OMS parle d'un cas isolé, peu susceptible d'entraîner une propagation plus large.
Les autorités restent toutefois prudentes : cette contamination étant inédite, les enquêtes se poursuivent pour mieux cerner les risques pour la santé humaine.
Le virus Shamonda est-il présent en Belgique ?
Oui, chez les animaux. Chez nous, un premier cas suspect d’infection au virus Shamonda-like a été signalé mi-août dans un élevage bovin de Flandre occidentale. Le virus a depuis été détecté chez des animaux d'élevage dans une douzaine de pays européens, dont la France, les Pays-Bas, l'Allemagne et le Luxembourg.
Aucun cas humain n'a été rapporté en Belgique. Le cas lyonnais reste la seule infection humaine connue. Sciensano, l'institut belge de santé publique, suit la situation de près.
Quels sont les symptômes d’une infection au virus Shamonda chez l'homme ?
Dans la mesure où un seul cas a été identifié et que la personne concernée était gravement malade, on ne sait pas quels symptômes provoque une infection par le virus Shamonda.
Chez les bovins, le virus provoque surtout de la fièvre, de l'abattement, une chute de la production de lait et parfois de la diarrhée. Chez les femelles gestantes, il peut entraîner des avortements ou des malformations.
Quel est le traitement en cas d’infection par Shamonda ?
Aucun traitement spécifique n’a été annoncé. Il n’existe pas non plus de vaccin, ni pour l’animal ni pour l’homme.
Faut-il se protéger contre les moucherons piqueurs (culicoïdes) ?
Aucune autorité n'a émis, à ce jour, de recommandation spécifique pour le grand public.
Remarque : En Belgique, le culicoïde le plus répandu est actif de mi-avril à début novembre, et son activité baisse avec le froid.
Voir aussi l'article : Moustique tigre : quels risques d'infection en Belgique ?
Peut-on continuer à manger de la viande et boire du lait ?
Oui. La consommation de lait ou de viande provenant d'animaux infectés ne présente pas de risque connu pour la santé humaine.
Et ensuite ?













