Virus mortel Nipah : symptômes, transmission, zones à risque
- D’où vient le virus Nipah ?
- Nouveau foyer : Inde, janvier 2026
- Symptômes d'une infection par le virus Nipah (NiV)
- Contagion et transmission du virus Nipah
- Traitement d’une infection par le virus Nipah
- Le virus Nipah est-il dangereux ?
- Zones à risque de Nipah
- Le virus Nipah peut-il se propager en Belgique ?
dossier
Le virus Nipah (NiV) est un virus agressif et potentiellement mortel, responsable de plusieurs flambées épidémiques en Asie depuis la fin des années 1990. Il s’agit d’une zoonose, c’est-à-dire une infection qui se transmet de l’animal à l’homme, mais aussi par contact direct entre humains.
Un nouveau foyer d'infections a récemment été confirmé en Inde (janvier 2026), relançant l’inquiétude des autorités sanitaires internationales. Symptômes, transmission, zones à risque, que faut-il savoir sur le virus Nipah. Peut-il se propager en Belgique ?
D’où vient le virus Nipah ?
© Getty Images - Le virus Nipah (NiV) peut provoquer une inflammation du cerveau (encéphalite) potentiellement mortelle.
Le virus Nipah a été identifié pour la première fois en 1998-1999, lors d’une épidémie en Malaisie et à Singapour touchant des éleveurs de porcs. Le virus doit son nom au village malaisien de Sungai Nipah, où l’un des premiers foyers a été détecté.
Son réservoir naturel est constitué de chauves-souris frugivores du genre Pteropus (aussi appelées roussettes). Ces animaux peuvent transmettre le virus à l’homme directement ou indirectement, notamment via des porcs, mais aussi par la contamination d’aliments (fruits, sève de palmier).
Depuis cette première épidémie, des cas humains ont été recensés à plusieurs reprises en Inde, au Bangladesh, aux Philippines, en Malaisie et à Singapour.
Aujourd'hui, le virus Nipah fait partie des pathogènes prioritaires nécessitant une vigilance internationale accrue.
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Nouveau foyer : Inde, janvier 2026
En janvier 2026, les autorités sanitaires indiennes ont confirmé 2 cas de virus Nipah dans l’État du Bengale-Occidental (Kolkata). Près de 200 cas contacts ont été identifiés et placés sous surveillance, notamment grâce à des mesures de quarantaine. Tous auraient été testés négatifs au virus. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) suit la situation de près. Une enquête épidémiologique est en cours pour déterminer la source de l'infection. Les avions en provenances des zones touchées font désormais l'objet de mesures de contrôles sanitaires. |
Symptômes d'une infection par le virus Nipah (NiV)
L’infection par le virus Nipah peut évoluer de manière très variable. Certaines personnes restent asymptomatiques, tandis que d’autres développent une maladie allant d’une infection respiratoire aiguë à une encéphalite potentiellement mortelle.
Les premiers signes ressemblent à des symptômes grippaux, ce qui complique le diagnostic :
- fièvre
- maux de tête
- douleurs musculaires (myalgies)
- vomissements
- maux de gorge
- toux ou difficultés respiratoires
Dans un second temps, l’état de certains patients peut s’aggraver. L'infection peut alors évoluer vers :
- une détresse respiratoire sévère ou une pneumonie atypique, nécessitant une prise en charge hospitalière intensive.
- une encéphalite aiguë (inflammation du cerveau) potentiellement mortelle, entraînant d'abord des vertiges, une somnolence, une altération de la conscience, puis des convulsions, un coma et le décès du patient.
Le taux de mortalité varie entre 40 % et 75 %. Les personnes qui se rétablissent peuvent souffrir de séquelles neurologiques persistantes (troubles cognitifs, épilepsie). De rares cas de rechute ont également été rapportés.
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Contagion et transmission du virus Nipah
Le virus Nipah se transmet principalement de l'animal à l'homme :
- par contact direct avec des chauves-souris infectées
- par contact direct avec des porcs infectés (le virus est très contagieux chez le porc).
- par contact indirect : par exemple, des denrées alimentaires contaminées par des sécrétions de bêtes infectées.
Il peut également se transmettre d’homme à homme par contact direct avec les fluides corporels tels que la salive, les selles, l’urine ou le sang. La transmission nécessite généralement un contact étroit entre les personnes, mais le virus peut aussi se propager via les gouttelettes respiratoires produites lors d’une toux ou d’un éternuement.
Voir aussi l'article : Épidémie du virus Marburg : faut-il s'inquiéter ?
Traitement d’une infection par le virus Nipah
À ce jour, il n’existe aucun traitement antiviral spécifique ni vaccin contre le virus Nipah. Le traitement consiste donc à soulager les symptômes :
- maintenir une bonne hydratation
- repos strict
- prise d'antipyrétiques (paracétamol) contre la fièvre.
- prise de médicaments pour contrôler les nausées ou les vomissements.
- assistance respiratoire si nécessaire
- traitement des convulsions ou crises d’épilepsie.
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Le virus Nipah est-il dangereux ?
Oui. Le virus Nipah est agressif et dangereux.
Son taux de mortalité est très élevé. Il est estimé par l'OMS entre 40 et 75 %. Ce taux peut varier d'un foyer épidémique à l'autre, en fonction de la rapidité de diagnostic, de la qualité des infrastructures hospitalières locales et de la qualité des soins octroyés.
20% des patients qui survivent à une encéphalite conservent des séquelles neurologiques.
La combinaison – forte mortalité, absence de traitement et origine animale persistante – explique pourquoi le virus Nipah est surveillé de très près au niveau mondial.
Voir aussi l'article : Vaccination contre le mpox (variole du singe) : pour qui ?
Zones à risque de Nipah
Par le passé, des cas humains d'infection par le virus Nipah ont été recensés dans les régions suivantes :
- en Inde : dans l'état de Kérala (sud-ouest du pays) et dans l'est du pays à la frontière avec le Bangladesh.
- au Bangladesh
- aux Philippines : sud du pays (île de Mindanao)
- en Malaisie
- à Singapour
Le risque pour les voyageurs de contracter le virus reste faible, mais il n'est pas nul, en particulier lors de séjours en zones rurales.
Le virus Nipah présente un caractère saisonniers, avec la majorité des cas humains survenant généralement entre décembre et mai, période correspondant à la saison de reproduction des chauves-souris et à la récolte de la sève de palmier dattier dans certaines régions d’Asie du Sud-Est. Cette saisonnalité contribue à concentrer les épidémies dans un laps de temps précis chaque année.
Prévention si vous voyagez en zones à risque
Si vous voyagez en zone à risque, voici les recommandations de l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers :
- Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau et au savon.
- Respectez les règles de base de prévention des infections.
- Évitez le jus de palmier dattier cru ou fermenté.
- Ne consommez pas de fruits crus non lavés ou abîmés.
- Évitez les fruits partiellement mangés par des animaux.
- Évitez tout contact avec des animaux malades ou morts.
- Évitez les zones où se rassemblent des chauves-souris.
- Évitez le contact avec les porcs.
- Évitez le contact étroit avec des personnes malades ou leurs fluides corporels.
Le virus Nipah peut-il se propager en Belgique ?
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