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Stress et déséquilibres hormonaux : causes de la maladie d'Alzheimer ?

dossier

Une étude montre que la maladie d'Alzheimer pourrait débuter par un dérèglement hormonal plusieurs années avant l'apparition des troubles de la mémoire. Le stress chronique et un déséquilibre entre le cortisol et la DHEA-S affectent le fonctionnement cérébral, augmentent les réactions inflammatoires et peuvent contribuer au risque de déclin cognitif.

Cortisol et DHEA-S : deux hormones en équilibre

L'hormone du stress, le cortisol, joue un rôle central dans ce processus. Lorsque son taux reste élevé pendant une période prolongée, elle peut perturber la mémoire, favoriser l'inflammation et épuiser les réserves énergétiques de l'organisme.

En revanche, la DHEA-S est une hormone qui agit en partie comme un antagoniste naturel du cortisol. Elle contribue à protéger les neurones et favorise la stabilité des fonctions cérébrales.

Lorsque le rapport entre les deux hormones se déséquilibre et que le cortisol prédomine, la résistance du cerveau aux processus de vieillissement et de dégénérescence diminue.

De nouvelles recherches suggèrent que ce dérèglement hormonal pourrait survenir avant même l'apparition de symptômes clairs de la maladie d'Alzheimer, offrant ainsi de nouvelles perspectives en matière de prévention.

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Qu'est-ce que la DHEA-S ?

La DHEA-S (sulfate de déhydroépiandrostérone) est une hormone stéroïdienne produite principalement par les glandes surrénales. Elle sert de précurseur à la testostérone et aux œstrogènes, et influence donc le développement sexuel ainsi que la reproduction chez les deux sexes.

Sa concentration atteint généralement un pic vers l’âge de 20 ans, puis diminue progressivement : vers 65 ans, il n’en reste plus qu’environ 10 à 20 % du niveau maximal, et vers 80 ans, seulement une faible fraction.

La DHEA est la forme à action rapide, tandis que la DHEA-S est la forme plus stable et durable qui circule dans le sang. Comme elle varie peu au cours de la journée, la DHEA-S est considérée comme un bon indicateur du stress chronique et de la résilience cérébrale.

Elle agit également comme un neurostéroïde : elle aiderait à protéger les neurones contre l’inflammation, le stress oxydatif et certains effets délétères du cortisol.

Lien entre les hormones du stress et la maladie d'Alzheimer

Dans une étude clinique publiée dans la revue Cureus, des scientifiques serbes ont examiné 85 adultes : 45 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et 40 personnes en bonne santé. Ils cherchaient à déterminer si les différences de taux de cortisol et de DHEA-S, ainsi que leurs proportions relatives, étaient liées à la santé cérébrale et au stress prolongé.

Qu’ont établi les chercheurs ?

1. Taux de cortisol plus élevés chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer

Chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, le taux de cortisol atteignait en moyenne près de 399 nanomoles par litre (nmol/l), soit environ 20 % de plus que chez les adultes en bonne santé, tandis que leur concentration en DHEA-S restait sensiblement la même. Ce déséquilibre suggère une activation chronique de la réponse au stress, sans que le cerveau puisse bénéficier pleinement de ses mécanismes de protection naturels. Lorsque le cortisol domine, les neurones sont davantage exposés à l’inflammation et leur capacité de régénération diminue.

L’étude a également montré que ce déséquilibre était particulièrement marqué chez les participants âgés de 65 à 75 ans, ce qui laisse penser que les effets des hormones du stress deviennent particulièrement nocifs à cette période de la vie.

2. Le rapport entre les deux hormones semble encore plus important que leur taux isolé

Même si chaque hormone apporte des informations utiles, les chercheurs soulignent que c’est surtout le ratio cortisol/DHEA-S qui offrirait une image plus fidèle du stress chronique et des troubles des fonctions cérébrales.

Chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, ce ratio était nettement plus élevé, ce qui suggère que l’organisme ne parvient plus suffisamment à contrebalancer les effets délétères d’un excès de cortisol.

Cette observation pourrait aussi expliquer pourquoi certaines personnes présentant un taux de cortisol « normal » développent malgré tout un déclin cognitif : ce n’est pas seulement le niveau hormonal qui compte, mais surtout l’équilibre entre les hormones.

3. Les différences entre hommes et femmes semblent s’estomper avec la maladie

Chez les adultes en bonne santé, les hommes présentaient des taux de DHEA-S significativement plus élevés que les femmes, ce qui pourrait refléter une protection hormonale plus importante face au stress chronique.

Mais chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, cette différence entre les sexes disparaissait.

Autrement dit, la maladie semble perturber les profils hormonaux habituels et faire baisser les taux de DHEA-S chez les deux sexes. Cela suggère qu’une fois la neurodégénérescence enclenchée, la capacité du cerveau à maintenir son équilibre hormonal diminue.

4. L'âge influence les changements hormonaux

Lorsque les chercheurs ont réparti les participants par tranche d’âge, ils ont observé que les patients atteints d’Alzheimer les plus jeunes (60 à 65 ans) présentaient des taux de DHEA-S relativement plus élevés.

Ces taux chutaient nettement chez les 65-75 ans, avant de remonter légèrement après 75 ans.

Cette évolution inattendue pourrait correspondre à une fenêtre de vulnérabilité hormonale, au cours de laquelle le stress chronique et le vieillissement surchargent les mécanismes de compensation de l’organisme.

Si vous vous situez dans cette tranche d’âge et vivez un stress chronique, cela pourrait être un moment clé pour agir : réduction du stress, sommeil de qualité, activité physique adaptée et soutien métabolique pourraient aider à mieux protéger le cerveau.

5. Le cortisol favorise l’inflammation et freine les mécanismes de réparation

Des taux élevés de cortisol augmentent l’inflammation et le stress oxydatif, deux phénomènes qui peuvent endommager les neurones et perturber la communication entre les cellules cérébrales.

Le cortisol pourrait également freiner la formation de nouveaux neurones dans l’hippocampe, une région du cerveau essentielle à la mémoire. Cela rend plus difficile l’apprentissage et la mémorisation de nouvelles informations.

À l’inverse, la DHEA-S semble soutenir la survie neuronale, améliorer le métabolisme énergétique et protéger le tissu cérébral contre certains effets d’un excès de cortisol.

Lorsque le cortisol domine trop longtemps, les réseaux neuronaux perdent progressivement en souplesse et en efficacité.

6. Le stress perturbe aussi les mécanismes de la mémoire

Une élévation chronique du cortisol peut nuire à l’absorption du glucose par les cellules cérébrales, les privant ainsi du carburant nécessaire à la formation et à la consolidation des souvenirs.

Elle pourrait aussi favoriser l’accumulation de bêta-amyloïde et de protéine tau, deux protéines étroitement associées à la maladie d’Alzheimer.

La DHEA-S, elle, pourrait contribuer à limiter ces effets en améliorant la sensibilité à l’insuline et en apaisant certaines réactions immunitaires excessives dans le cerveau

En résumé : l’une fragilise les circuits neuronaux, l’autre aide à les préserver.

7. Un possible marqueur biologique précoce

Plutôt que d’attendre l’apparition de troubles de la mémoire ou de signes visibles à l’imagerie, le rapport cortisol/DHEA-S pourrait servir de signal d’alerte précoce.

Si le cortisol reste élevé alors que la DHEA-S diminue ou stagne, cela pourrait refléter des dommages précoces liés au stress, parfois des années avant l’apparition des premiers symptômes cognitifs.

En soutenant le métabolisme, en améliorant le sommeil et en limitant le stress chronique, il serait peut-être possible de préserver plus longtemps un environnement cérébral favorable.

Ce qu’il faut retenir de cette recherche

Cette étude suggère que ce n’est pas seulement l’élévation du cortisol qui pourrait favoriser la dégradation neuronale, mais surtout le déséquilibre entre le cortisol et les hormones stéroïdiennes protectrices, comme la DHEA, la testostérone et la progestérone.

Lorsque le cortisol devient prédominant, l’organisme reste plus facilement coincé dans un état chronique de « lutte ou fuite », ce qui pourrait accélérer l’usure des tissus et le déclin cognitif.

D’autres chercheurs estiment également que le rapport cortisol/DHEA-S serait un meilleur indicateur de la santé à long terme que les hormones prises séparément. Un rapport élevé a déjà été associé à plusieurs problèmes de santé, notamment :

  • le syndrome métabolique (obésité, cholestérol anormal, hypertension artérielle),
  • certaines maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson,
  • un vieillissement accéléré,
  • et, dans certaines études, à une mortalité plus élevée.

C’est pourquoi certains scientifiques plaident pour une mesure conjointe du cortisol et de la DHEA-S dans les recherches sur le stress et le vieillissement.

Ce ratio peut être évalué par prise de sang, mais certains travaux suggèrent que des mesures effectuées sur les cheveux ou les ongles pourraient mieux refléter l’exposition hormonale à long terme.

Pourquoi le taux de cortisol augmente-t-il avec l'âge ?

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© Getty Images

C'est souvent lié à une perte d'énergie. Lorsque vos cellules ne produisent pas suffisamment d'ATP (le carburant que nous produisons dans les mitochondries) – que ce soit à cause d'un dysfonctionnement thyroïdien, de carences nutritionnelles ou du vieillissement – ??le cortisol est sécrété pour compenser. Cette hormone dégrade les tissus pour libérer de l'énergie, mais ce processus aggrave la fatigue au fil du temps. Ce cercle vicieux explique pourquoi le stress chronique semble interminable : c'est un piège métabolique, et non psychologique. Les personnes qui maintiennent un rapport cortisol/DHEA-S équilibré bénéficient d'un meilleur sommeil, d'une humeur stable et d'un vieillissement biologique ralenti. 

Comment favoriser un bon équilibre hormonal ?

1. Assurer un apport énergétique suffisant par l’alimentation

Une alimentation trop restrictive, notamment en glucides, peut maintenir l’organisme dans un état de stress permanent, car le cortisol a tendance à augmenter lorsque la glycémie chute.

L’idée n’est pas de consommer du sucre à outrance, mais de fournir au corps une source d’énergie suffisamment régulière pour éviter qu’il ne compense sans cesse par une réponse hormonale de stress.

Vous pouvez privilégier des glucides bien tolérés comme :

  • les fruits,
  • le riz,
  • les légumes racines cuits,
  • certaines légumineuses,
  • ou encore des céréales complètes si elles sont bien digérées.

Lorsque l’organisme perçoit un apport énergétique plus stable, le cortisol a tendance à redescendre plus facilement.

2. Privilégier les exercices « réparateurs »

Les efforts d’endurance très prolongés ou les entraînements à très haute intensité peuvent maintenir l’organisme en état d’alerte bien après l’exercice.

Le cortisol reste alors élevé, la récupération ralentit et le sommeil peut en pâtir.

À l’inverse, des activités physiques mieux tolérées comme :

  • la musculation adaptée,
  • la marche,
  • la natation douce,
  • la danse,
  • ou le vélo tranquille

peuvent soutenir la santé métabolique sans surcharger davantage le système de stress.

Un bon repère simple : si vous vous sentez plus calme et plus détendu après l’effort, c’est souvent un bon signe.

3. Réguler le stress par la respiration

La respiration est l’un des moyens les plus rapides d’agir sur le système nerveux.

Des exercices respiratoires lents et réguliers peuvent aider à faire baisser le cortisol et à activer le système parasympathique, souvent appelé le système du « repos et de la digestion ».

Vous pouvez, par exemple, essayer une respiration rythmée de type 4-7-8 :

  • inspirez pendant 4 secondes,
  • retenez brièvement votre souffle,
  • puis expirez lentement pendant 7 à 8 secondes.

L’expiration prolongée stimule le nerf vague, ralentit le rythme cardiaque et envoie au corps un signal de sécurité.

Cette pratique peut être utile :

  • avant de dormir,
  • après les repas,
  • ou dès que vous sentez monter la tension.

4. Adopter un rythme de sommeil régulier

Le cortisol est étroitement lié à votre horloge biologique.

Pour aider votre rythme circadien à rester stable :

  • exposez-vous à la lumière naturelle dans l’heure qui suit le réveil,
  • réduisez l’exposition aux écrans et aux lumières vives le soir,
  • et essayez de vous coucher et de vous lever à des heures relativement fixes, même le week-end.

Un sommeil profond et régulier contribue à :

  • mieux réguler les hormones du stress,
  • soutenir la mémoire,
  • et favoriser la réparation du tissu cérébral.

Conclusion : que peut-on retenir de cette recherche ?


  • Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer présentent, en moyenne, des taux de cortisol plus élevés et un équilibre hormonal moins favorable.

  • La DHEA-S pourrait jouer un rôle protecteur pour les cellules cérébrales.

  • Le rapport entre le cortisol et la DHEA-S pourrait, à terme, devenir un marqueur précoce du stress chronique et peut-être de certaines vulnérabilités cérébrales.

  • Le cerveau semble aussi être particulièrement sensible aux dérèglements hormonaux entre 65 et 75 ans.

  • Même si cette piste est encore en cours d’exploration, limiter le stress chronique reste une stratégie de prévention pertinente.

  • Enfin, les piliers de base demeurent essentiels pour la santé cérébrale : un mode de vie sain, un sommeil de qualité, une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et des liens sociaux solides.

Important : l’étude serbe évoquée ici est une petite étude pilote. Des recherches plus vastes seront nécessaires pour confirmer ces résultats.

Sources :

Nemanja Nenezic, Jelena Dragicevic Jeremic, Nemanja Rancic, Bratislav Dejanovic, Dejan Kostic, Dragana Nenezic, Teodora Safiye, Christos Alexopoulos, Smiljana Kostic (2025). The Link Between Serum Levels of Dehydroepiandrosterone and Alzheimer's Disease: A Pilot Study in the Serbian Population. Cureus. Oct 13;17(10):e94489.
Rafaela S C Takeshita, Amber T Nguyen, Anthony P Auger, Wilson C J Chung (2025). Cortisol, DHEAS, and the cortisol/DHEAS ratio as predictors of epigenetic age acceleration. Biogerontology. Aug 16;26(5):164.
Nikolina Erceg, Miodrag Micic, Eli Forouzan, Nebojsa Nick Knezevic (2025). The Role of Cortisol and Dehydroepiandrosterone in Obesity, Pain, and Aging. Diseases. Feb 1;13(2):42.
https://ruudmeulenberg.nl/
Andrea Di Blasio, Pascal Izzicupo, Angela Di Baldassarre, Sabina Gallina, Ines Bucci, Cesidio Giuliani, Serena Di Santo, Angelo Di Iorio, Patrizio Ripari, Giorgio Napolitano (2018). Walking training and cortisol to DHEA-S ratio in postmenopause: An intervention study. Women Health. Apr;58(4):387-402.
Dr.ir. Eric De Maerteleire (2024). Veroudering afremmen via voeding. Manteau – 336 pagina’s.

Source: Dr.ir. Eric De Maerteleire auteur : Sofie Van Rossom - journaliste santé

Dernière mise à jour: mars 2026

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