Rhume des foins : à qui s'adresse la désensibilisation ?
dossier Lorsque les traitements pour soigner le rhume des foins ne sont pas suffisamment efficaces ou mal tolérés, la désensibilisation (immunothérapie spécifique à l’allergène) peut offrir une solution durable aux patients allergiques aux pollens. Mais qui peut et qui ne peut pas avoir recours à l'immunothérapie en cas de rhinite allergique ?
Voir aussi l'article : 24 conseils pour lutter contre le rhume des foins
En quoi consiste la désensibilisation ?
La désensibilisation (immunothérapie allergénique) est le seul traitement curatif de l'allergie au pollen. Elle consiste à administrer régulièrement des doses croissantes de l'allergène responsable du rhume des foins (des extraits de pollens) afin d'habituer progressivement le système immunitaire à être en contact avec la molécule et à réduire sa réaction lorsqu'il y est confronté. Petit à petit, l'organisme développe donc une tolérance à l'allergène. Les symptômes diminuent, voire disparaissent durablement chez certains patients. La désensibilisation peut être réalisée par voie sublinguale (comprimés ou gouttes à mettre sous la langue) ou par injections sous-cutanées (chez le médecin).
La durée du traitement est généralement de 3 à 5 ans, avec des effets bénéfiques qui peuvent persister plusieurs années après l'arrêt de la thérapie (en moyenne 7 ans de rémission des symptômes d'allergie).
À qui s'adresse la désensibilisation contre le rhume des foins ?
La désensibilisation contre le rhume des foins peut être recommandée aux personnes dans les situations suivantes :
- En cas d’allergie avérée aux pollens : la présence des anticorps IgE dirigés contre un allergène spécifique a été confirmée par une prise de sang ou un prick-test et des symptômes se manifestent au moment de la saison pollinique.
- En cas d'allergie moyenne à sévère affectant les voies respiratoires (rhino-conjonctivite et/ou asthme) et lorsque les symptômes persistent malgré un traitement médicamenteux approprié ou que les médicaments provoquent des effets secondaires indésirables.
- Pour combattre les allergènes suivants : les meilleures preuves d’efficacité de la désensibilisation concernent surtout les les allergies au pollen de bouleau, d'ambroisie et de graminées. En Belgique, la désensibilisation concernent principalement les graminées et le bouleau blanc. La désensibilisation contre le bouleau blanc permet aussi de traiter des allergies provoquées par d’autres pollens de la famille des bétulacées ou d'arbres homologues : aulne, noisetier, charme, chêne et hêtre.
- Chez les enfants à partir de 5 ans, même si, dans certains cas particuliers, la désensibilisation peut être discutée plus tôt par un allergologue.
Contre-indications : qui ne peut pas se faire désensibiliser ?
La désensibilisation est souvent déconseillée dans les cas suivants :
- Chez les enfants âgés de moins de 5 ans, sauf cas particuliers en concertation avec l'allergologue.
- En cas de grossesse, on évite en général de commencer une désensibilisation, mais le traitement peut être poursuivi pour autant qu'il soit bien toléré.
- En cas d'asthme sévère ou non contrôlé ;
- Chez les patients sous bêta-bloquants (qui risquent de diminuer l’efficacité des traitements
- d’urgence en cas de choc anaphylactique) ;
- Chez les patients dont le système immunitaire est affaibli : certaines maladies auto-immunes actives, cancers évolutifs ou maladies cardiovasculaires sévères.
- Les personnes ayant déjà présenté une réaction systémique sévère, notamment lors d’une immunothérapie précédente, doivent faire l’objet d’une évaluation spécialisée avant d’envisager une désensibilisation par injection.
Il y a néanmoins un manque de preuves solides pour la majorité des contre-indications actuelles qui restent fondées sur des séries de cas isolés et des hypothèses. Chaque situation doit être évaluées au cas par cas avec l'allergologue.
Voir aussi l'article : Rhume des foins : quels médicaments sont efficaces ?
Allergies multiples, la désensibilisation est-elle possible ?
Le fait que le patient soit allergique à un ou à plusieurs allergènes (par exemple pollens de graminées et de bouleau) ne change pas l’efficacité de la désensibilisation. Toutefois, une évaluation approfondie par un allergologue est essentielle pour déterminer la pertinence de la désensibilisation dans ces cas.
- Lorsque l'un des allergènes est clairement plus impliqué dans la survenue des symptômes, il est courant de débuter la désensibilisation par celui-ci. Si les symptômes persistent après le traitement, une désensibilisation à un autre allergène peut être envisagée ultérieurement.
- Si deux allergènes sont en cause de manière équivalente dans la survenue des symptômes du rhume des foins, il est possible d'effectuer la désensibilisation contre les deux allergènes en même temps avec une préparation composée sur mesure pour le patient . Cette approche nécessite une évaluation attentive par un allergologue car elle peut augmenter le risque d'effets secondaires.
- Lorsque l'allergie au pollen est combinée à une intolérance à certains aliments, comme la pomme, la pêche, etc. (allergies croisées), l'efficacité de la désensibilisation n'est pas modifiée. Cependant, son efficacité sur les symptômes alimentaires est variable et reste sujette à débat.
Sources :
https://rmlg.uliege.be
https://www.amub-ulb.be
https://www.cbip.be















