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Psychobiotiques : ces bactéries intestinales qui influencent le stress, l'anxiété et l'humeur ?
- Qu'est-ce qu'un psychobiotique ?
- L'intestin et le cerveau : un dialogue permanent
- Comment les psychobiotiques pourraient-ils agir sur la santé mentale ?
- Que dit la recherche aujourd'hui ?
- Peut-on trouver des psychobiotiques dans l'alimentation ?
- Faut-il prendre des suppléments de psychobiotiques ?
- Acheter des psychobiotiques : attention aux promesses marketing
dossier
Et si une partie de notre santé mentale se jouait dans notre intestin ? Cette idée, qui aurait semblé surprenante il y a encore quelques années, est aujourd'hui au cœur de nombreuses recherches scientifiques. Les spécialistes s'intéressent notamment aux « psychobiotiques », des micro-organismes susceptibles d'agir sur le cerveau via le microbiote intestinal.
Si les résultats sont prometteurs, les chercheurs appellent toutefois à la prudence : ces bactéries ne constituent pas un traitement miracle contre le stress, la dépression ou l'anxiété. Alors, que sait-on réellement aujourd'hui ?
Qu'est-ce qu'un psychobiotique ?
Le terme « psychobiotique » désigne des micro-organismes vivants (généralement des bactéries probiotiques) qui, lorsqu'ils sont consommés en quantité suffisante, pourraient avoir un effet bénéfique sur la santé mentale. Le concept a été introduit au début des années 2010 par des chercheurs irlandais qui étudiaient les liens entre le microbiote intestinal et le cerveau.
Tous les probiotiques ne sont pas des psychobiotiques. Pour mériter cette appellation, une souche bactérienne doit démontrer sa capacité à influencer des fonctions psychologiques comme le stress, l'anxiété, l'humeur ou certaines fonctions cognitives.
Parmi les bactéries les plus étudiées figurent notamment :
- Lactobacillus plantarum
- Lactobacillus helveticus
- Lactobacillus rhamnosus
- Bifidobacterium longum
- Bifidobacterium breve
L'intestin et le cerveau : un dialogue permanent
© Getty Images
Les scientifiques savent aujourd'hui que l'intestin et le cerveau communiquent en permanence via ce que l'on appelle l'axe intestin-cerveau. Cette communication passe notamment par
- le système nerveux : le nerf vague, qui relie directement l'intestin au cerveau
- le système immunitaire
- certaines hormones
- des molécules produites par les bactéries intestinales
Le microbiote intestinal, composé de centaines de milliards de micro-organismes, participe activement à ces échanges. Il ne sert donc pas uniquement à la digestion.
Lorsque l'équilibre du microbiote est perturbé, un phénomène appelé dysbiose, certaines études ont observé une association avec un risque accru de dépression, d'anxiété ou de stress chronique. Cette découverte a conduit les chercheurs à explorer l'idée qu'une modification ciblée du microbiote pourrait contribuer à améliorer le bien-être psychologique.
Voir aussi l'article : Dysbiose intestinale : 12 signes d'un microbiote déséquilibré
Comment les psychobiotiques pourraient-ils agir sur la santé mentale ?
Même si tous les mécanismes ne sont pas encore totalement compris, plusieurs pistes se dégagent.
Une influence sur les neurotransmetteurs
Certaines bactéries intestinales sont capables de produire ou de stimuler la production de substances impliquées dans la communication entre les neurones, comme la sérotonine, le GABA, la dopamine, la noradrénaline. Près de 90 à 95 % de la sérotonine de notre organisme est effectivement synthétisée dans le tube digestif. Ces molécules jouent un rôle important sur l'humeur, le sommeil, la motivation et l'anxiété.
Une meilleure régulation du stress
Plusieurs études suggèrent que certains psychobiotiques pourraient contribuer à réduire les niveaux de cortisol, l'hormone associée au stress chronique.
Une action anti-inflammatoire
De plus en plus de travaux montrent qu'une inflammation chronique de faible intensité pourrait être impliquée dans certaines maladies psychiatriques. Certaines souches bactériennes semblent capables de réduire cette inflammation et de renforcer la barrière intestinale.
Voir aussi l'article : L’axe intestin-cerveau (AIC) : crucial pour l’humeur et le comportement
Que dit la recherche aujourd'hui ?
Les résultats sont encourageants, mais ils restent préliminaires.
Une revue systématique publiée en 2025 dans la revue Nutrients a analysé 45 études portant sur les psychobiotiques et la santé mentale. Les chercheurs ont constaté que plusieurs souches de Lactobacillus et de Bifidobacterium semblaient améliorer certains symptômes liés à la dépression, à l'anxiété ou au stress.
Des essais cliniques ont notamment observé :
- une diminution des symptômes dépressifs chez certains participants,
- une réduction du stress perçu,
- une baisse du taux de cortisol,
- une amélioration de la qualité du sommeil.
Certaines souches comme Lactobacillus plantarum, Bifidobacterium breve ou Bifidobacterium longum apparaissent particulièrement prometteuses.
Toutefois, les études disponibles sont souvent réalisées sur de petits groupes de participants et utilisent des protocoles très différents. Les chercheurs ne savent donc pas encore quelles souches sont les plus efficaces, à quelles doses ni chez quelles personnes.
Peut-on trouver des psychobiotiques dans l'alimentation ?
On trouve des psychobiotiques dans divers aliments fermentés : yaourts, fromage, kéfir, miso, légumes lactofermentés (choucroute, kimchi, etc).
Certaines bactéries étudiées comme psychobiotiques sont présentes dans des aliments fermentés tels que le yaourt, le kéfir, la choucroute, le kimchi ou le kombucha.
Par ailleurs, les spécialistes s'intéressent aussi aux « régimes psychobiotiques », qui associent des aliments fermentés et des aliments riches en fibres prébiotiques (des fibres alimentaires non digestibles qui servent de « nourriture » aux bonnes bactéries de votre microbiote intestinal.)
On retrouve notamment ces prébiotiques dans :
- les oignons,
- les poireaux,
- les pommes,
- les bananes,
- les légumineuses,
- les céréales complètes.
Une étude menée en Irlande a montré qu'un régime riche en aliments fermentés et en prébiotiques pendant quatre semaines permettait de réduire significativement le niveau de stress perçu chez des adultes en bonne santé.
Voir aussi l'article : Manger du yaourt contre le stress, l'anxiété et la dépression ?
Voir aussi l'article : Aliments fermentés : vraiment bons pour la santé ?
Faut-il prendre des suppléments de psychobiotiques ?
À l'heure actuelle, les psychobiotiques ne remplacent ni les antidépresseurs, ni la psychothérapie, ni les autres traitements validés des troubles anxieux ou dépressifs.
Les experts les considèrent plutôt comme une piste complémentaire potentiellement intéressante dans une approche globale de la santé mentale.
Des essais cliniques plus vastes et de meilleure qualité sont encore nécessaires avant de pouvoir formuler des recommandations médicales précises.
En revanche, les recherches confirment l'importance d'une alimentation variée, riche en fibres et en aliments fermentés, pour soutenir un microbiote diversifié. Cette approche pourrait contribuer au bien-être général et, potentiellement, à la santé mentale.
Voir aussi l'article : 10 conseils pour améliorer son microbiote intestinal
Acheter des psychobiotiques : attention aux promesses marketing
Depuis quelques années, de nombreux compléments alimentaires se revendiquent « psychobiotiques ». Pourtant, les bénéfices mis en avant ne sont pas toujours démontrés. Les preuves scientifiques restent limitées et concernent des souches bactériennes très spécifiques, dont les effets ne peuvent pas être généralisés à tous les produits vendus dans le commerce. À ce jour, aucun psychobiotique n'est reconnu comme traitement de la dépression ou de l'anxiété.
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Voir aussi l'article : Graisse du ventre : le rôle clé des bactéries intestinales















