Hypoglycémie sans diabète : causes, symptômes, quand consulter
- Points-clés : Hypoglycémie non diabétique
- Qu'est-ce que l'hypoglycémie non diabétique ?
- Deux types d’hypoglycémie non diabétiques à distinguer
- Symptômes d’une hypoglycémie non diabétique
- Diagnostic de l’hypoglycémie non diabétique
- Causes possibles de l’hypoglycémie non diabétique
- Que faire en cas de malaise ?
- Traitement de l’hypoglycémie non diabétique
- Quand consulter un médecin ?
dossier
Points-clés : Hypoglycémie non diabétique
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Qu'est-ce que l'hypoglycémie non diabétique ?
L'hypoglycémie désigne une chute du taux de sucre (glucose) dans le sang en dessous d'un seuil critique. Si ce phénomène est bien connu chez les personnes diabétiques, il peut tout à fait survenir chez des personnes qui ne le sont pas. On parle alors d'hypoglycémie non diabétique.
Médicalement, on considère qu'une hypoglycémie est avérée lorsque le taux de glucose dans le sang veineux est inférieur à 55 mg/dl (3 mmol/L) au moment des symptômes. En dessous de 70 mg/dl, la situation mérite déjà une attention particulière.
Voir aussi l'article : Hypoglycémie (« hypo ») : définition, symptômes, que faire ?
Deux types d’hypoglycémie non diabétiques à distinguer
L'hypoglycémie non diabétique se divise principalement en deux catégories, selon le moment où surviennent les symptômes.
- L'hypoglycémie réactionnelle : elle est la forme la plus fréquente d’hypoglycémie chez les personnes non diabétiques. Elle survient 2 à 4 heures après un repas riche en glucides à index glycémique élevé (en particulier en sucres rapides). Après avoir mangé, la glycémie monte rapidement, ce qui pousse le pancréas à libérer de l’insuline pour faire entrer le sucre dans les cellules. Chez certaines personnes, cette sécrétion d’insuline peut être trop importante ou durer trop longtemps, provoquant alors une chute de glycémie. Cette forme est généralement bénigne et fonctionnelle.
- L'hypoglycémie à jeun : elle survient indépendamment des repas – le matin au réveil, la nuit ou après plusieurs heures sans manger. Elle signale très souvent une cause organique sérieuse qui doit être identifiée et traitée (insulinome, insuffisance hépatique…). Elle nécessite toujours un bilan médical.
Ces deux formes d’hypoglycémie ont des causes et des traitements distincts.
Symptômes d’une hypoglycémie non diabétique
© Getty Images
Quelle que soit la forme d’hypoglycémie non diabétique (réactionnelle ou à jeun), les symptômes apparaissent en deux temps selon l’importance de la chute glycémique :
Symptômes adrénergiques
Ce sont les premiers signes d’alerte, lorsque la glycémie passe sous 60 mg/dl :
- transpiration, sueurs froides, mains moites
- tremblements des mains
- palpitations, accélération du cœur (tachycardie)
- pâleur, anxiété
- sensation de faim soudaine
Symptômes neuroglucopéniques
Ces symptômes surviennent lorsque la glycémie descend sous 50 mg/dl :
- coup de fatigue brutal et inhabituel
- difficultés de concentration, idées moins claires
- troubles de la vision
- picotements et engourdissements autour de la bouche
- ralentissement de l’élocution
- maux de tête
Les symptômes disparaissent en général en 10 à 20 minutes après la prise de sucre (resucrage oral). La persistance d'une fatigue ou de maux de tête est toutefois possible plus longtemps.
Attention : une perte de connaissance liée à une hypoglycémie chez une personne non diabétique est rare. Si cela survient, une autre cause organique doit être recherchée. (voir le cadre plus bas).
Voir aussi l'article : Hypoglycémies nocturnes : les reconnaître et les éviter
Diagnostic de l’hypoglycémie non diabétique
Tous les malaises ne sont pas des hypoglycémies. Le diagnostic repose sur la triade de Whipple, décrite dès 1938 et toujours d'application aujourd'hui. Les trois critères suivants doivent être réunis simultanément :
- Des symptômes évocateurs d'hypoglycémie
- La disparition rapide de ces symptômes après la prise de sucre (en 10 à 20 minutes)
- Une mesure de glycémie basse confirmée au moment du malaise (< 55–70 mg/dl).
Sans mesure de glycémie au moment des symptômes, le diagnostic reste incertain. La façon la plus simple et la plus fiable est de mesurer sa glycémie au moment même du malaise, grâce à un lecteur de glycémie capillaire disponible en pharmacie.
En pratique, le médecin demande au patient de tenir un journal pendant quelques semaines, dans lequel il consigne : les symptômes ressentis, l'heure de leur survenue, le délai depuis le dernier repas et le taux de glycémie mesuré au moment des symptômes. Si les malaises ne s'accompagnent pas d'une glycémie inférieure à 70 mg/dl, le diagnostic d'hypoglycémie peut être écarté et une autre cause doit être recherchée.
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Ne pas confondre l’hypoglycémie avec d’autres malaisesLe malaise hypoglycémique est souvent le premier diagnostic évoqué spontanément… à tort. D'autres conditions peuvent provoquer des symptômes très similaires, avec une glycémie parfaitement normale :
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Causes possibles de l’hypoglycémie non diabétique
L'hypoglycémie réactionnelle survient typiquement en milieu de matinée après un petit-déjeuner très sucré.
L’hypoglycémie non diabétique peut avoir différentes causes selon qu’elle soit réactionnelle ou non.
Causes de l’hypoglycémie réactionnelle (après repas)
L’alimentation. Un repas très riche en sucres rapides peut provoquer un pic d'insuline suivi d'une chute brutale de la glycémie. Les malaises surviennent typiquement en milieu de matinée après un petit-déjeuner très sucré, ou après une boisson combinant sucre et alcool (gin tonic, rhum-cola…).
La chirurgie bariatrique (bypass gastrique ou sleeve). Des hypoglycémies peuvent apparaître des mois ou des années après l'opération. La modification de l'anatomie digestive accélère la vidange gastrique et stimule la sécrétion d'une hormone intestinale (le GLP-1), entraînant une libération excessive d'insuline. Les malaises surviennent souvent plus tôt qu'une hypoglycémie réactionnelle classique, soit 1 à 2 heures après le repas
Causes fréquentes de l’hypoglycémie à jeun
Le jeûne prolongé ou un repas sauté. Lorsque l'organisme n'a pas reçu de glucose pendant plusieurs heures et que ses réserves de glycogène s'épuisent, la glycémie peut chuter, surtout combinée à un effort physique. L’anorexie mentale peut également provoquer ce type d’hypoglycémie non diabétique.
L'alcool. La consommation excessive d'alcool peut inhiber la libération de glucose par le foie (néoglucogenèse), augmentant ainsi le risque d'hypoglycémie. Ce risque est particulièrement marqué lorsque l'alcool est consommé à jeun ou combiné à des aliments ou des boissons sucrées (tonic, cola...). L'effet peut se manifester plusieurs heures après la consommation.
L'activité physique intense. Un exercice physique soutenu, notamment en fin de journée ou sans collation adaptée, peut entraîner une diminution significative du taux de sucre dans le sang.
Certains médicaments. Des médicaments non antidiabétiques peuvent provoquer une hypoglycémie, notamment certains antibiotiques (quinolones), l'aspirine à haute dose, certains bêtabloquants ou encore des médicaments contre le paludisme.
L'insulinome. Il s'agit d'une tumeur rare – le plus souvent bénigne – des cellules productrices d'insuline dans le pancréas, qui sécrète de l'insuline de façon autonome, sans tenir compte de la glycémie. Elle provoque généralement une hypoglycémie à jeun.
D'autres maladies : une insuffisance surrénalienne (maladie d’Addison), une hypothyroïdie, une maladie hépatique sévère, une insuffisance rénale ou une infection grave sont également des causes d’hypoglycémie non diabétique.
Voir aussi l'article : Jeûne : bienfaits et risques pour la santé
Que faire en cas de malaise ?
Si vous ressentez des symptômes évocateurs d'hypoglycémie :
- Mesurez votre glycémie si vous disposez d'un lecteur.
- Resucrez-vous avec 15 g de glucides rapides : un verre de jus de fruit, 3 morceaux de sucre, une cuillère à soupe de miel. Les symptômes adrénergiques doivent disparaître en 10 à 20 minutes.
- Si le malaise ne passe pas après resucrage, ou très lentement, remettez en question le diagnostic d'hypoglycémie et consultez un médecin.
- Après stabilisation, prenez une collation associant glucides complexes et protéines (pain avec fromage, yaourt) pour éviter une nouvelle chute.
- Ne conduisez pas tant que les symptômes ne sont pas dissipés.
Traitement de l’hypoglycémie non diabétique
En cas d’hypoglycémie réactionnelle
L'hypoglycémie réactive est un trouble bénin. Elle peut s'aggraver en période de stress et disparaître spontanément dans des périodes plus calmes.
L'alimentation est le principal levier thérapeutique. L'objectif est de limiter les pics d'insuline en évitant les aliments à index glycémique élevé et en fractionnant les repas.
Privilégier
- Des glucides à index glycémique bas : légumineuses, céréales complètes
- Des fibres et les protéines à chaque repas pour ralentir l'absorption des glucides
- Une collation en milieu de matinée ou d'après-midi
- Des repas réguliers et fractionnés (4 à 5 fois/jour)
Éviter
- Les sucres rapides : bonbons, sodas, jus de fruits sucrés, pains blancs, céréales sucrées, etc.
- L’alcool combiné à des aliments sucrés
- De grands repas copieux et peu fréquents
- De sauter des repas
Une perte de poids et une activité physique régulière permettent d’améliorer la sensibilité à l'insuline et de réduire la fréquence des hypoglycémies.
En cas d'échec des mesures diététiques, un traitement médicamenteux peut être envisagé.
Pour les hypoglycémies à jeun
Le traitement dépend de la cause identifiée : résection chirurgicale en cas d'insulinome, correction médicamenteuse en cas d'insuffisance hormonale, modification des médicaments en cause, etc. Une prise en charge spécialisée par un endocrinologue est indispensable.
Voir aussi l'article : Les pommes de terre froides sont-elles meilleures pour la glycémie ?
Quand consulter un médecin ?
Les personnes qui présentent une hypoglycémie sans diabète connu ni situation médicale particulière identifiée doivent consulter un médecin pour en déterminer la cause.
Consultez en particulier si :
- les symptômes d’hypoglycémie surviennent régulièrement sans cause évidente (repas sauté, alcool, effort intense)
- les symptômes surviennent à jeun, au réveil ou la nuit, c'est le signe le plus important, qui oriente vers une cause organique (insulinome, insuffisance rénale, etc.)
- vous avez récemment subi une chirurgie bariatrique
- le malaise ne disparaît pas rapidement après la prise de sucre (resucrage)
- les symptômes sont sévères ou s'accompagnent de confusion ou d’une perte de connaissance : consultez aux urgences ou appelez le 112.















